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John Keats : Meg Merrilies

vendredi 17 décembre 2021, par Denis Blaizot

Ce poème de John Keats a été traduit d’après le texte publié dans Weird Tales, février 1927.


La vieille Meg était une gitane
Et vivait dans la lande :
Son lit était le gazon brun de la lande.
Et sa maison était hors les murs.
Ses pommes étaient des mûres sauvages.
Ses groseilles étaient des cosses de genêts
Son vin était la rosée sur la rose de pimprenelle.
Son livre était une tombe de cimetière.

Ses frères étaient les collines escarpées.
Ses sœurs les mélèzes...
Seule avec sa grande famille
Elle vivait comme il lui plaisait.
Elle n’a pas pris de petit déjeuner de nombreuses fois.
Pas de déjeuner à midi.
Et au lieu de dîner, elle regardait fixement
La Lune bien en face.

Mais à chaque maman, de l’épinette fraîche
Elle faisait sa guirlande.
Et tous les soirs, elle tressait dans l’if sombre de la vallée
Elle tissait, et elle chantait.
Et avec ses doigts vieux et bruns
Elle tressait des nattes de joncs.
Et les donnait aux villageois
Qu’elle rencontrait dans les buissons.

La vieille Meg était aussi courageuse que Margaret
La reine
Et grande comme une amazone
Elle portait un vieux manteau rouge.
Elle portait un chapeau en bois.
Que Dieu fasse reposer ses vieux os quelque part...
Elle est morte il y a bien longtemps !