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Iain Banks : Un chant de pierre

samedi 13 août 2016, par Denis Blaizot

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Iain Banks : Un chant de pierre

Année de sortie en France : 2016
Édition : L’œil d’or
Traduit par Anne-Sylvie Homassel
Illustrations de Frédéric Coché

Quatrième de couverture :
L’hiver a toujours été ma saison favorite. Sommes-nous déjà en hiver ? Je ne sais pas. Il existe une définition technique qui repose sur les calendriers et la position du soleil, mais je crois que lorsque les saisons s’ écoulent et changent inexorablement, on s’en rend compte, tout simplement ; je crois que l’animal en nous perçoit l’odeur de l’hiver. Sans égard pour le cadre imposé de notre chronologie, l’hiver est une calamité infligée notre moitié du monde, que le ciel froid, de plus en plus froid et le soleil bas, de plus en plus bas, extraient de la terre ; quelque chose qui pénètre l’âme et rentre dans l’esprit par le nez, entre les dents, franchit la barrière poreuse de la peau.

Conte cruel à l’élégance fabuleuse, Un chant de pierre nous décrit une guerre improbable, interminable, aux causes devenues secondaires, qui ravage un pays de landes et de forêts. Convoquant les échos du Rivage des Syrtes, du Désert des Tartares et du roman gothique, Iain Banks nous offre ici un texte noir, magnifiquement écrit, ou la glaise, la terre et le sang se mêlent à l’or des mots.

Mon avis : C’est le deuxième titre de Iain Banks publié par cet éditeur. On retrouve d’ailleurs la même maquette, la même traductrice et le même illustrateur.

Je ferai le même reproche aux illustrations : sans intérêt. Elle n’apportent rien à l’ouvrage, ni en termes esthétiques ni en termes d’enrichissement de l’ouvrage.

Côté traduction, j’ai noté au début quelques phrases dont la lourdeur en français laisse entrevoir une difficulté de passage de la langue de Shakespeare à celle de Molière. Mais le problème a vite disparu et je n’en la retiendrai pas contre cet ouvrage.

Par contre, il m’a barbé au plus haut point. Je vous présente aujourd’hui mon avis sur ce court roman alors que je ne l’ai pas encore fini... et je pense que je ne le finirai jamais. Pourquoi ? Parce qu’il est lent et qu’arrivé à la moitié, je ne suis toujours pas convaincu que Banks avait quelque chose à raconter.

Le récit ce déroule pendant ce qui est probablement une guerre civile. Le héros, un châtelain, tente de fuir son domaine avec sa compagne et quasiment tous ses domestiques. Mais un groupe de soldats (rebelles ?) menés par une femme se faisant appeler « lieutenant » les contraignent à faire demi-tour. Les événements qui suivent se déroulent dans le château et les environs. Reprise du château à un groupe de mercenaires assassiné pour l’occasion. Bombardement de la bâtisse. Partie de chasse. Le tout entrecoupé de quelques souvenirs des relations étranges que le narrateur entretient avec sa compagne/concubine/épouse (?). On ne sait pas vraiment quel est le statut de cette femme à l’arrière plan.

J’ai déjà eu l’occasion de lire des romans ou nouvelles dont le narrateur passe son temps à faire de l’introspection : Kurt Vonnegut jr : Nuit noire, Philip K. Dick : Ô Nation sans pudeur, Jean-Paul Sartre : Le mur ou Armand Hoog : L’accident pour ne citer que ceux qui ont fait l’objet d’une chronique ici. Cela me fait d’ailleurs penser qu’il faut que j’ajoute La nausée de Jean-Paul Sartre dans la liste de mes livres à relire... pour la Nième fois.

En bref : La « magie » n’a pas eu d’effet. Je n’ai pas adhéré à ce récit et je dois dire que si je n’avais pas déjà presque tout lu de ce qui a été traduit en français des œuvres de Iain M. Banks, je n’approcherai sans doute plus jamais cet écrivain.

Pour conclure, un petit extrait :
Autour de nous, nos compagnons de débâcle piétinent la route grasse de boue en marmonnant. Nous sommes, ou nous étions, un flot d’humanité, une hémorragie de bannis, artérielle et vive dans ce paysage paisible ; pourtant quelque chose désormais nous retient. Le vent retombe de nouveau et, lorsqu’il se retire, je flaire la sueur des corps sales et le fumet des deux chevaux qui tirent notre berline improvisée.
Tu lèves la main derrière moi et me prends le coude, que tes doigts serrent.
Je me retourne vers toi et chasse de ton front une mèche de cheveux d’un noir de jais. Autour de toi sont entassés les sacs et coffres que nous avons songé à emporter, remplis de tout ce qui, pensions-nous, pouvait nous servir sans induire d’autres en tentation. Quelques objets de prix sont cachés dans le chariot et sous son armature. Tu es restée assise, dos à moi dans cette voiture découverte, regardant vers l’arrière, t’efforçant peut-être de distinguer la maison que nous avons quittée ; à présent, cependant, tu pivotes sur le siège et essaies de voir au-delà de mon corps, un pli soucieux troublant l’expression de ton visage comme un défaut dans un front de marbre.
— Je ne sais pas pourquoi nous nous sommes arrêtés, te dis-je.

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