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Philip K. Dick : Ô Nation sans pudeur

lundi 9 juin 2014, par Denis Blaizot

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J’ai Lu
Nouveaux Millénaires
2012

Titre original : Gather Yourselves Together (1994)
Édition : J’ai Lu (Nouveaux millénaires) — 2012

Quatrième de couverture :

1949. La République populaire de Chine tout juste proclamée invite les compagnies étrangères installées sur son territoire à plier bagage. Trois Américains choisis au hasard par leur employeur, Verne Tildon, Barbara Mahler et Carl Fitter, demeurent sur place pour remettre officiellement les clés du complexe industriel déserté à ses nouveaux propriétaires. Commencent alors pour eux trois des vacances improvisées, que le soleil écrasant et l’oisiveté ont tôt fait de transformer en huis clos étouffant où les cœurs et les tempéraments s’échauffent.

Mon avis : Le lecteur qui se jettera sur ce roman en pensant trouver une histoire façon Blade Runner ou Le maître du haut château sera déçu. En effet, ce roman, écrit à la fin des années 40 et publié pour la première fois en 1994,. n’est pas un roman de science-fiction. Hé non ! Philip K. Dick (1928 - 1982) n’a pas commencé par la SF. Ses premières œuvres n’avaient rien à voir avec le domaine littéraire pour lequel il est connu.

Moi, qui ne lis pour ainsi dire que de la littérature de l’imaginaire, n’en suis pas à mon premier coup d’essai avec les œuvres « hors genre » de P.K.D. : Portrait de l’artiste en jeune fou (Autre titre : Confession d’un barjo) et L’homme dont toutes les dents étaient exactement semblables ont ouvert la voie. Je savais donc à quoi m’attendre en terme de style. Et contrairement à d’autres, je me renseigne sur le bouquin que j’achète. Je ne me fie pas uniquement au nom de l’auteur. ;-)

Certains ont écrit — dont le postfacier — ce n’est pas du Dick, même si c’est du Dick, parce que ce n’est pas de la science-fiction. Si ils veulent. Mais qui d’autre aurait osé écrire Sur une table, dans un coin, se trouvaient une radio à pièces et un débouche-évier ? Je n’en connais pas d’autre que Philip K. Dick. Ses pointes d’humour se cachent souvent dernière ce genre d’image.

C’est un huis-clos sans être un huis-clos. Ces vacances forcées, à trois dans une usine abandonnée de tout le reste du personnel, est l’occasion pour les trois héros de se plonger dans leur souvenir. Mais il est également vrai que leurs relations sont parfois tendues tellement leurs caractères diffèrent. Cette situation est compliquée par le fait que Vernon et Barbara se connaissent de longue date. Ils ne savent pas trop s’ils doivent renouer ou, au contraire, se tourner le dos. La présence de Carl ne leur facilite du tout les choses. Les souvenirs de Carl, quant à eux, tournent autour de son enfance et de sa rencontre avec la fille aux cheveux noirs. Est-ce celle du roman qui prote ce titre ? Je ne saurait le dire, ne l’ayant pas encore lu malgré les années écoulées depuis son achat.

Les Chinois finissent par arriver en la personne d’un vieux militaire à vélo qui vient, en éclaireur, s’assurer que les américains ont bien évacuer avant que le gouvernement ne fasse venir le nouveau personnel. L’entretien de Verne avec celui-ci est l’occasion pour l’auteur de nous parler de l’empire romain et des premiers chrétiens et des parallèles que l’on peut faire avec l’époque actuelle. Les prémisses des réflexions que Dick fera sur ce sujet bien plus tard dans sa trilogie divine et l’exégèse qui l’accompagne ?

Tous les trois quitteront l’usine après avoir mis à plat un certain nombre de choses, réfléchi à des aspects de leur vie passée qu’il était nécessaire de mettre au placard. Ce départ sonne comme une sorte de renaissance. Et par cela, ce roman me rappelle La nausée de Jean-Paul Sartre ou L’accident de Armand Hoog.

En bref : Un très grand roman d’un très grand romancier. À lire.

Existe aussi en format de poche

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