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Clifford D. Simak : Une chasse dangereuse

jeudi 21 août 2014, par Denis Blaizot

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Une chasse dangereuse
J’ai lu
1978

Ce recueil contient :

  • Une chasse dangereuse (1958)
  • Pour sauver la guerre (1958)
  • Plus besoin d’hommes (1954)
  • La planète aux pièges (1953)
  • Jardinage (1954)
  • Opération putois (1957)
  • Projet Mastodonte (1955)

Mon avis : Clifford D. Simak (1904 - 1988) est un écrivain de science-fiction que je connais de longue date. J’ai lu et apprécié plusieurs de ses romans il y a de nombreuses années, puis j’avais fait un break jusqu’à ce que je retrouve un lot de ces bouquins d’occasion. Mais déçu par la lecture de Demain les chiens et Le livre d’or de Clifford D. Simak, j’ai laissé traîner la lecture de celui-ci. En effet, à chaque nouvelle lecture, je laissais ce livre pour passer à autre chose. J’ai enfin pris sur moi de faire l’effort, et bien m’en a pris.

Au fil des lectures une impression de déjà lu me vient. Et il est probable que je l’ai effectivement lu il y a très longtemps et complètement oublié. Il n’est donc inutile de revenir dessus.

Malgré quelques coquilles, il y a rien à redire sur le style ou la narration. Et il est difficile de chroniquer un recueil de nouvelles qu’on juge de bonne tenue sans tomber dans le travers habituel à beaucoup de blogueurs : raconter l’histoire.

Dans Une chasse dangereuse, Simak imagine un colon aux prises sur une planète lointaine avec une forme d’intelligence très spéciale. Datant de 1958, cette nouvelle est encore modelée par le modèle colonial de cette époque. À part cela, elle est intelligemment menée. Et sans erreur.

Pour sauver la guerre est la traduction approximative de The Civilization Game. Datée elle aussi de 1958, elle est également marquée par son époque : l’auteur y donne une place importante à la guerre. Rien de plus logique : Seconde Guerre Mondiale, Guerre de Corée, Guerre froide... Mais je n’en dirais pas plus, de peur d’en dévoiler trop, mais j’en suis satisfait.

La lecture de la troisième nouvelle m’apporte une certitude : j’ai déjà lu ce livre et je ne m’en souvenais pas du tout. Pourtant, ces nouvelles me plaisent malgré leur côté suranné. Hé oui ! Ces textes portent leur âge.

Plus besoin d’hommes est très réussie et ne dépareillerait pas dans un recueil signé Isaac Asimov, si ce n’est l’humour sous-jacent qui n’est pas celui du créateur des trois lois de la robotique. La conclusion de cette nouvelle n’est pas aussi réussie que le reste du texte, mais ce fut néanmoins un vrai plaisir de la lire.

La planète aux pièges est très bonne aussi. Un piège à savoir, installé sur une planète perdue, bonne idée. Mais n’est-il que cela, Simak nous instille le doute juste avant le mot fin. Bravo.

Dans Jardinage, Simak aborde le problème de la communication entre deux espèce très différentes : l’humanité (en la personne du narrateur) et une espèce végétales en provenance d’une autre planète. Peut-on y voir les prémices d’un discours contre le gaspillage de nos ressources ? Peut-être. Mais c’était loin d’être une préoccupation en 1954. C’est donc plutôt le discours actuel sur le développement durable de notre civilisation qui m’y a fait découvrir ce côté-là dans la nouvelle. Pourtant, le propre de la science-fiction n’est-il pas de mettre en avant des problèmes à venir à une époque ou on ne les envisage pas vraiment comme possible ? Très bonne nouvelle, donc.

La lecture de Opération putois a été un vrai moment de bonheur. J’ai eu le sentiment de retrouver le Charles Williams (1909 - 1975) des deux romans Fantasia chez les ploucs et Aux urnes les ploucs !. Des personnages drôles, improbables mais attachants ; une histoire d’ET ressemblant à un putois ayant la capacité de réparer et faire évoluer les machines comme d’autres ont la main verte. À lire, bien sûr !!!

Projet Mastodonte m’a rappelé que cela fait très longtemps que je me suis promis de relire Le dernier jour de la création de Wolfgang Jeschke. Cet auteur allemand aurait-il été inspiré pour ce roman par la nouvelle de Simak ? Ce n’est pas impossible. En effet, dans les deux cas, il est question d’une tentative d’implantation de l’humanité dans un passé lointain en vue de ramener dans notre présent des ressources naturelles. Je n’ai à déplorer qu’un petit défaut à cette nouvelle : à au moins deux endroits, l’auteur (ou le traducteur ?) s’embrouille dans les nom de ses personnages principaux. Quand vous lisez à une demi-page d’(intervalle, que le même personnage scrute l’horizon debout fusil à la main, et quelques lignes plus loin qu’il se dépêtre difficilement de son sac de couchage, ça fait pas très sérieux.

En bref : Voilà un recueil à lire absolument. Ce peut être un bon moyen de (re)découvrir cet excellent écrivain américain.

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