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Fredric Brown : Lune de miel en Enfer

dimanche 15 juin 2014, par Denis Blaizot

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Denoël, Présence du Futur N°75 - 1964

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Éditions Famot - 1978

Ce volume contient :

  • Lune miel en enfer (Honeymoon in Hell)
  • Il ne faut pas pousser Grand-mère (Too Far)
  • Intraduisible (texte original de Too Far)
  • Un homme de qualité (Man of Distinction)
  • Millenium (Millennium)
  • Le dôme (The Dome)
  • Du sang (Blood)
  • Galerie de glaces (Hall of Mirrors)
  • Expérience (Experiment)
  • Le Dernier martien (The Last Martian)
  • En sentinelle (Sentry)
  • Une souris (Mouse)
  • Cela va de soi (Naturally)
  • Vaudou (Voodoo)
  • « Arène » (Arena)
  • Entrée interdite (Keep Out / Keep Off)
  • La Première machine à temps (The First Time Machine)
  • Et les dieux rirent (And the Gods Laughed / The Earring Gods)
  • L’Arme (The Weapon)
  • Un mot de la Direction (A Word from Our Sponsor)
  • Bruissement d’ailes (Rustle of Wings)
  • Imaginons (Imagine)

Quatrième de couverture de la première édition française :

L’envers vaut l’endroit, à moins qu’il n’y ait ni envers ni endroit... L’enfer est infernal mais tellement habitable ! Un homme assassine son grand-père avant que son propre père soit... Vous avez sans doute reconnu cette logique très particulière, cet humour imperturbable : il s’agit, oui, de l’auteur de Fantômes et Farfafouilles dont voici vingt autres nouvelles pour le moins aussi étonnantes.
La gageure est de taille, mais il chevauche les difficultés avec un talent prodigieux. quel que soit le thème choisi (il a un faible pour les machines à traverser le Temps), il reste fidèle à son raisonnement dont la logique rigoureuse débouche toujours sur l’improbable le plus inattendu. La porte de son univers est fermée à quiconque est allergique à l’humour.

Mon avis : C’est du Fredric Brown, donc c’est du bon. C’est du moins mon avis depuis de très nombreuses années ; depuis que j’ai découvert ce livre chez un bouquiniste au milieu des années 80. Je l’ai lu il y a tellement longtemps qu’il n’a pas fait, de ma part, l’objet de beaucoup de critiques. Seuls S.O.S. fantôme relu dans le cadre de Challenge « Je lis des nouvelles et des novellas » et la série des Cauchemars pour inaugurer le club de lecture de vendredi lecture sont chroniquées. Pour remédier à cette situation, j’ai donc entrepris la relecture de Lune de miel en enfer. Et même si c’est un SP de 1964, ce n’est pas moi qui en était le destinataire original. ;)

Lune de miel en enfer est la plus longue des nouvelles de recueil. Elle occupe près d’un cinquième du volume ; vous imaginez bien que les autres sont ultra-courtes. Elle est très classique pour une nouvelle de SF de la fin des années 50. Mais la chute est une chute à la Fredric Brown. Mais ne commencez pas par celle-là si vous avez un doute sur votre amour de la vieille science-fiction car le lecteur ne peut que ressentir un petit côté ancien voire vétuste.

Intraduisible est la version originale de Il ne faut pas pousser Grand-mère. En effet, vu les calembours, contenus dans cette courte nouvelle, le traducteur, peu certain du rendu de ces jeux de mots a préféré nous soumettre une comparaison entre le texte anglais et sa traduction. Je trouve, malheureusement, qu’elle n’a un intérêt que dans cette difficulté qu’à rencontré le traducteur.

Un homme de qualité vous surprendra, car l’homme de qualité n’a pas une qualité de celle qu’on attend de quelqu’un qui sauve l’humanité... involontairement, mais qui sauve tout de même l’humanité.

Dans Millenium, nouvelle très courte, un homme vend son âme au diable et fait le vœu improbable qui va enchaîner son créditeur pour mille ans. Mais devinerez vous quel peut bien être ce vœu ?

Un savant, ayant mis au point Le dôme qui le protège, reste enfermé dessous trente ans, convaincu d’avoir échapper à la destruction d’une guerre nucléaire. Que va-t-il découvrir en coupant enfin l’alimentation de sa machine infernale ? C’est une nouvelle de F. Brown. donc ...

Du sang est une histoire de vampires. Des deux derniers vampires de la Terre qui fuient vers le futur avec l’espoir de découvrir une époque où le souvenir même de leur existence aura disparu. Je ne vous dirais pas s’ils y arrivent. Mais c’est une de ces nouvelles qui vous fait aimer Brown si vous aimez son humour.

Galerie de glaces et Expérience traitent à leurs manières le voyage dans le temps. Dans la première, le héros découvre que sa machine le ramène à l’age qu’il souhaite, mais toujours le présent. Un bon moyen pour atteindre à l’immortalité ? Dans le seconde, l’auteur traite le classique paradoxe du voyage dans le temps : et si je décide de ne pas faire remonter dans le temps un objet qui a déjà fait le voyage. Y a-t-il paradoxe ? Et lequel ?

Le dernier martien est très classique et assez typique de son époque.

Dans En sentinelle, l’auteur renverse en deux pages d’idée du monstre alien de la littérature de science-fiction des pulps des années 50.

Une souris est découverte morte dans un petit vaisseau spatial ayant atterri à Central Park. Peu de temps après des assassinats et « accidents » étranges ont lieu. Un homme comprendra. Mais le danger n’est pas là où il croit. Du très bon Fredric Brown.

Dans Cela va de soi , un jeune homme veut faire appel à un démon pour tricher à un examen... de géométrie. Et quand on a toujours été archi-nul en géométrie....

On peut ne pas croire au Vaudou, mais ce n’est pas une raison pour prendre de précautions.

Avec quarante pages, « Arène » est l’autre longue nouvelle de ce recueil. Au moment où une guerre interplanétaire va commencer, une entité supra-naturelle enlève un homme et un extraterrestre et les place au milieu d’une arène avec une instruction : se battre jusqu’à ce que mort s’en suive pour l’un des combattants. Le gagnant sauvera sa civilisation et provoquera la disparition de l’autre espèce. Assez classique, dirons certains ? Peut-être, mais cette nouvelle ayant été écrite avant 1958 est peut-être l’archétype de ce genre.

Dans Entrée interdite, l’auteur aborde à sa façon une idée latente de la SF de puis des générations : pourra-t-on, quitte à modifier notre morphologie et notre physiologie, coloniser d’autres planètes ? Sa réponse est clairement non. Si l’Homme doit subir trop de modifications pour s’adapter, il devient une nouvelle espèce à part entière.

En 2 pages La première machine à temps nous explique ce qui, selon Brown, va se produire si un homme remonte dans le passé pour l’un de ses aïeux avant sa propre naissance ? Rien.

Et les dieux rirent car c’était le meilleur moyen qu’ils avaient découvert pour que les humains ne croient pas la vérité les concernant. En vérité, une des rares nouvelles de ce recueil qui n’ai pas une touche d’humour noir.

L’arme est une nouvelle courte et je ne voudrais pas trop vous en dire. Simplement qu’un inconnu apporte à un chercheur en armement qu’on ne peut pas mettre une arme dans les mains de n’importe qui. À LIRE.

Un mot de la direction est sans doute une des nouvelles qui m’ont le plus marquées. Pour vous l’expliquer, il serait plus simple de vous dire ce mot. Mais autant vous révéler le dernier message de Dieu à sa création [1] Cette nouvelle est des années 50 et donc très marquée par la guerre froide et la possibilité d’une guerre nucléaire.

Le titre de Bruissement d’ailes ne dit rien de la trame. Allez ! Je vais simplement vous dire qu’il est question du diable et de superstition.

Imaginons est un petit texte de conclusion auquel je n’ai pas trouvé grand intérêt, mais qui tient la porte ouverte à l’imaginaire.

En bref : Vous aurez noté que je donne des avis très brefs sur certaines nouvelles, mais il est difficile de chroniquer des nouvelles de deux ou trois pages sans dévoiler l’histoire. Vous l’aurez compris, je suis un inconditionnel de cet écrivain américain. Et je ne peux que vous conseiller de le lire [2].

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CITRIQ

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Le dimanche, je lis des nouvelles et des novellas.

[1Cf. Le guide galactique. Douglas Adams.

[2Ce recueil est toujours disponible en neuf chez les libraires et très fréquent chez les bouquinistes.