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Fiction N°197 — mai 1970

dimanche 27 avril 2014, par Denis Blaizot

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Fiction est une revue de science-fiction française publiée pour la première fois en octobre 1953. Éditée par les Éditions OPTA, elle a compté 412 numéros avant de s’éteindre en 1990. Elle a été relancée sous forme semestrielle en 2005 par la maison d’édition Les Moutons électriques.

Sommaire du N°197 :

  • Randall Garrett [1] : Les ravageurs
  • Théodore Sturgeon : L’homme qui apprit à aimer
  • Harlan Ellison et Roger Zelazny : Viens à moi, non dans la blancheur de l’hiver
  • Dean R. Kootz : La muse détruite
  • Daniel Walther [2] : Le passager de la boule de cristal
  • Zenna Henderson : Des parents éloignés
  • Gérard Klein : Pour lire Verne (Chronique) — 1e partie
  • Revue des films
  • Revue des arts

Mon avis : Faut pas demander. Si j’ai acheté ce numéro de Fiction c’est pour la nouvelle co-écrite par Zelazny. Et je n’ai très certainement rien lu d’autre. Mais je vais corriger cela en reprenant l’ensemble des nouvelles. De toute façon, je ne me souviens plus de Viens à moi, non dans la blancheur de l’hiver.

Je ne connaissais pas Randall Garrett. C’est donc avec plaisir que je découvre Les ravageurs, une histoire de colonisation au nom de la liberté ; ou plutôt au nom de l’uniformisation des modèles de sociétés humaines. La colonisation soi-disant humaniste des occidentaux qui, jusque dans les années 50, étaient près à détruire une civilisation pour pouvoir leur imposer notre mode de pensée. Cette nouvelle peut être considérée, dans une certaine mesure, comme précurseur du travail de Mike Resnick.

L’homme qui apprit à aimer est ma première lecture de Théodore Sturgeon, auteur pourtant énormément traduit en français. Surprenant, non ? Il n’est, en fait, pas vraiment question d’amour dans cette nouvelle. Mais en fait, de ce qu’on peut être contraint de faire en opposition avec ses envies pour faire aboutir certains grands projets. En effet, le héros a inventé une machine qui peut révolutionner le monde. Mais il a parfaitement compris que l’image qu’il donne de lui-même influencera la façon dont son œuvre sera acceptée. Très réussie. Je tenterai de lire d’autres choses de cet écrivain.

Harlan Ellison et Roger Zelazny nous proposent, avec Viens à moi, non dans la blancheur de l’hiver une histoire d’amour et de temps des plus touchantes. Très bien écrite, voilà une coopération qui incite à découvrir ces deux écrivains. Bon ! Pour l’un, c’est fait depuis longtemps, je n’ai plus qu’à m’attaquer à l’autre... si je trouve quelque chose singé de son nom en France.

Dean R. Kootz est un auteur que j’apprécie tout particulièrement. Mais paradoxalement, je ne conserve pour ainsi dire jamais ses livres. Découvert dans ma jeunesse avec Le monstre et l’enfant puis La peste grise, j’ai lu quelques autres titres sans pour autant m’en souvenir. La muse détruite est une bonne occasion de redécouvrir son talent.

Zenna Henderson n’est plus connue en France. Mais il est vrai qu’elle n’a pas été très productive : une quarantaine de nouvelles publiées en français, dont certaines, regroupées, constituent son seul et unique roman. Des parents éloignés fait justement partie de cet ensemble. Cette nouvelle est charmante ; imprégnée qu’elle est par la culture nord-américaine des années 50/60. Et c’est là que le bât blesse. En effet, comme souvent dans les textes américains de cette époque, l’épouse est femme au foyer et ne fait que s’occuper du ménage et des enfants. Ce point en gênera sans doute plus d’un, mais je pense que cette auteure mérite qu’on s’intéresse encore à son œuvre. Pour ma part, c’est avec plaisir que je lirais d’autres de ses textes.

En bref : Après la lecture de trois recueils des Utopiales qui ne m’avais pas vraiment convaincu par le choix des auteurs et la qualité des textes retenus, je suis surpris de ne trouver que du positif à dire sur ce numéro —ancien, il est vrai— de Fiction. Je tâcherai de trouver d’autres exemplaires de cette revue, mais pas au prix couramment pratiqué par les bouquinistes. 5 ou 6 € le numéro est, à mon goût, excessif.

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Le dimanche, je lis des nouvelles et des novellas.

[1Auteur américain très prolifique décédé à l’âge de 60 ans en 1987. Vous aurez du mal à lire ses œuvres en français. Un roman et une quinzaine de nouvelles ont été traduites

[2Écrivain français très prolifique dans les années 1980. On compte actuellement 22 romans et 18 recueils de nouvelles signés de son nom.