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Hugo Gernsback : Chronique de l’an 2660 ou Ralph 124 c 41 +

dimanche 30 août 2020, par Denis Blaizot

Auteur : Hugo Gernsback
Titre français : Chronique de l’an 2660 ou Ralph 124 c 41 +
Titre original : Ralph 124 c 41 + (1911 dans Modern Electrics magazine)
Éditeur : Omnium de Presse et d’Édition (Revue Satellite)
Année de parution : 1962

Quatrième de couverture :

En 2660, la science a transformé et conquis le monde, sauvant l’humanité d’elle-même. Des inventions spectaculaires des confins de l’espace et des profondeurs sous terre sont disponibles pour répondre à tous les besoins, fournissant des antidotes aux problèmes individuels et aux maux sociaux. Les inventeurs sont très prisés et respectés, et ils sont jalousement protégés et soignés par les gouvernements du monde entier. Ce soutien et cette reconnaissance, cependant, comme le découvre le plus brillant des scientifiques, Ralph 124C 41+, n’est pas sans prix. Ce roman visionnaire du vingt-septième siècle a été écrit par Hugo Gernsback (1887–1964), fondateur de l’influent magazine Amazing Stories. Merveilleusement prophétique et créatif, Ralph 124C 41+ célèbre les avancées technologiques et offre aux lecteurs une vision exubérante et inoubliable de ce que notre monde pourrait devenir. Cette édition commémorative rend ce conte historique largement disponible pour la première fois depuis des décennies et présente les illustrations prisées de Frank R. Paul de la rare première édition, une liste d’inventions et de dispositifs technologiques et les préfaces d’Hugo Gernsback aux première et deuxième éditions.

Mon avis : C’est par le plus grand des hasards que je me suis trouvé en possession de ce volume. Il s’agit d’un prétirage de la première édition française de Chronique de l’an 2660 ou Ralph 124 c 41 + publiée par le magazine Satellite. Donc, en plus du mensuel, Satellite sortait régulièrement des numéros spéciaux. Celui est le N046 bis. Mais ils étaient, peut-être pas tous, sortis en avant première dans une collection appelée Satellite Sélection dont il est le N°11. Vous avez donc droit à tous les coquilles et à l’absence de couverture illustrée. Ce que les éditeur appellent maintenant une épreuve non-corrigée... Si si ! ils le font encore :-)
C’est ainsi que dans celui-ci le nom de l’auteur n’apparaît pas sur la page de titre du roman. Juste son prénom. Et le + contenu dans le nom du héros y est remplacé par un 7.
Mais ce volume ne contient pas que ce roman. Il contient également :

  • Notes du traducteur
  • Préface de l’auteur à la première édition
  • Préface de l’auteur à la seconde édition
  • Avant-propos de Nel de Forest
  • Avant-propos de Fletcher Pratt
  • L’homme et son œuvre de E. Aisberg

Pour ce qui est du roman.
Il est également suivi des nouvelles :

  • Robert Silverberg : Liberté, liberté chérie ! (Solitary)
  • Winston K. Marks : Que reste-t-il ?

Bon ! Hé bien... C’est pas concluant tout ça ! La première édition date de 1911. L’auteur surfe donc avec enthousiasme sur les innovations technologiques que nous promettaient la TSF, les expériences de Nicola Tesla, la découverte du Radium et les premières expériences d’utilisation de la radio-activité pour soigner les cancers, etc. Ça aurait pu être sympa... mai, trop ancré dans son époque, Gernsback fait une chose qui m’horripile au plus haut point : il calque les travers sociaux de son époque dans une période future. Ainsi, l’héroïne est une vrai cruche poursuivie par deux bellâtres prêts à tout pour l’épouser. Hé si ! quoi qu’il en soit, le pire est quand même les délires scientifico-technologiques expliquant d’une manière des plus bancales les actions des protagonistes. Ainsi, Ralph utilise un transmetteur d’énergie depuis New-York jusqu’au Mont Rose (Suisse) pour y faire fondre de la neige en très grande quantité. La description du phénomène, du captage de l’énergie à son effet, entre totalement en contradiction avec les paragraphes suivants dans lesquelles Gernsback nous explique que la maison (une tour de verre de 200 m de haut dans laquelle il vit seul avec son domestique — Oui. Il y en a encore en 2660 ! ) est survolée par de nombreux aéroplanes et autres paquebots volants. Et ils ne sont pas impactés par cet événement ? Étrange.

Quelques extraits ?


— Mais, ripostai-je, vous n’allez pas vous emparer d’une malheureuse fille terrestre, impuissante à se défendre !
— C’est ce que vous avez fait, dit-il. Et moi, du moins, je l’aime !
Là-dessus, il m’appliqua sur le visage un linge saturé de je ne sais quelle drogue et je perdis connaissance.
Revenons en arrière. Quand Alice vit Llysanorh’ se présenter sur le seuil de la salle, elle fut à la fois déçue et tranquillisée.
Sans doute, le second astronef n’amenait pas Ralph. Du moins la jeune fille se voyait libérée de Fernand.
Lorsque Ralph, faisant irruption dans l’astronef de Llysanorh’, aperçut Alice qui baignait sans son sang, le choc lui parut au-dessus de ce qu’il pourrait supporter. Se Jetant à genoux tout près d’elle, il saisit dans les siennes les petites mains encore chaudes, l’appela par son nom, sans se lasser, d’une voix désespérée, et couvrit de baisers son beau visage, tandis que des sanglots sans larmes déchiraient sa gorge.

Bon. Entre le bromure de radium K (je ne sais pas ce que c’est) qui dégage de la chaleur sans qu’on sache d’où elle vient (dixit l’auteur),la transfusion sanguine inter-espèce (entre une chèvre et un chien), la transmission d’énergie sans fil de New-York à la suisse en visant au pif, etc...

Et l’auteur, qui était journaliste technique spécialiste de la radio, est censé l’avoir révisé pour l’édition de 1950... Mon Dieu ! Comment c’était dans la première ???

Les deux préfaces de l’auteur sont sans intérêt et les deux avant-propos me semblent être des avis de complaisance assez éhontés. Tous osent, biographe inclus, mettre sur un pied d’égalité Gernsback et Jules Verne...

Essayons de finir sur une note positive. Qu’en est-il des nouvelles ?

Moui ! bon ! C’est pas gagné. La nouvelle de Robert Silverberg ( dont je n’avais une expérience positive, il faut le dire.) a mal vieilli... et commence mal : une histoire d’ordinateur ANALOGIQUE qui fonctionne par les oui/non... Ben non mon grand ! S’il fonctionne avec un système oui/non il est logique. :-P Bon, passons. La nouvelle n’est pas mauvaise mais est marquée par ces... 70 ans.

Et la nouvelle de Winston K. Marks ? Beuh ! Pas mauvaises, mais... c’est tout comme.

En bref : Avant d’entamer la lecture de ce numéro de Satellite, j’ai envisagé de chercher à obtenir la série complète. Maintenant... ben ! euh !... Non !

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couverture de Satellite N°46 bis

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