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Cyril-Berger : Pendant qu’il se bat...

dimanche 13 juin 2021, par Denis Blaizot

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Auteur : Cyril-Berger
Titre français : Pendant qu’il se bat...
Préface : Henri Barbusse
Éditeur : Ernest Flammarion
Année de parution : 1918 1918

Quatrième de couverture :

Arséne, jeune homme travaillant dans une quincaillerie parisienne est envoyé à Toul au début du conflit en 1914 1914 . Il en reviendra traumatisé, mais aussi atteint de tuberculose.

Mon avis : J’ai découvert ce nom il y a peu. Partir à la recherche d’informations sur Victor Cyril Victor Cyril Victor Cyril (1872-1925) ne semble pas avoir été très prolifique sous ce nom puisque la BNF ne lui attribue que trois références sous ce nom.

Mais Victor Édouard Désiré Berger (Journaliste à « Clarté » -1919) fut l’auteur, avec son frère Eugène Berger, de romans publiés sous le pseudonyme collectif de Cyril-Berger.
a été l’occasion qu’il avait publié divers œuvres écrites en collaboration avec son frère Eugène Berger sous le nom de plume de Cyril-Berger. Je me suis d’abord intéressé à L’expérience du Dr Lorde parce que c’est un roman qui relève du genre Fantastique. Mais à force de fureter et tombant sous le charme de leur façon de raconter, je me suis risquer à lire Pendant qu’il se bat... dont j’ai découvert une copie sur Internet Archive. Et hop ! un petit peu de travail de correction et me voilà propriétaire d’une copie PDF du roman(Attention. Je ne parle pas d’avoir améliorer les scans mais bien d’avoir préparer un fichier texte permettant une véritable réédition.). Mais je ne me suis pas contenté de faire un travail de correction. Je l’ai lu. Lu et énormément apprécié. Mais pourquoi les éditeurs ont-ils complètement effacé cette œuvre de leur catalogue. Il mérite pourtant d’être lu. Je vous le dis : ne le ratez pas. Même si les romans de ce type ne sont pas votre tasse de thé. Lisez-le. il le mérite.

En bref : À lire et relire. Et mon pdf va faire l’objet d’une impression à la demande sur lulu pour l’offrir à des proches qui aiment ce genre d’histoire.

Citations
— Moi, aussi, j’ai failli être aimé, avoua-t-il un soir… Elle n’avait que dix-sept ans… Elle travaillait à faire des chapeaux, avec de jolies fleurs d’étoffe, des chapeaux qu’elle vendait aux paysannes les jours de marché. Chaque fois que je passais devant sa fenêtre, elle me souriait gentiment, en penchant un peu la tête comme un oiseau. On avait commencé déjà à se parler. Elle me faisait ses petites confidences. Il paraît que le boucher de la place la lorgnait, lui aussi, et qu’elle avait toujours un peu peur, lorsqu’elle était obligée de passer devant son étal plein de sang et qu’il la suivait du regard avec son couteau entre les dents… Elle venait me raconter tout ça sur la butte où je fendais mes ardoises à coups de-tranchet, parce que je suis fendeur d’ardoises de mon métier. Je comptais le nombre de fois qu’elle se retournait après m’avoir quitté… Et entre-temps, je n’arrêtais pas de penser à elle…
— Et alors ? demanda Arsène.
— Et alors j’ai appris par quelqu’un de là-bas que depuis elle s’était mariée avec le boucher.
— Mon pauvre vieux !
— Bah, il vaut peut-être mieux qu’il en soit ainsi, il vaut mieux que je n’aie personne.
— Et pourquoi ?
— Parce que, moi, je suis sûr d’être tué, répondit-il d’une voix douce.
Le lendemain même, en effet, Deschaseaux était frappé à mort dans un combat à la grenade, aux côtés d’Arsène.
Arsène et Patillon avaient repris leur place dans la tranchée.

Devant eux, c’était toujours le même désert, la même étendue pleine d’effroi, d’où toute sève avait disparu.

Un automne précoce pleurait sur cette solitude.
— Lorsque je suis entrée chez les Dufour, continua-t-elle, ils m’ont dit : « Marie, nous ne vous engageons pas pour ceci ou pour cela. Vous ferez ce qui se présentera. » C’est ainsi qu’un jour où il pleuvait, ils m’ont envoyée porter une couronne à un enterrement, du côté de Vincennes. Et, non seulement, j’ai porté la couronne, mais une fois arrivée là-bas, j’ai pleuré. Je vous le dis, en vérité, M’sieur Arsène, je suis la bonne à tout faire.
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