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Olivier Boura : Napoléon n’est pas mort à Sainte-Hélène

vendredi 9 juillet 2021, par Denis Blaizot

Auteur : Olivier Boura
Titre français : Napoléon n’est pas mort à Sainte-Hélène
Éditeur : GAUSSEN
Année de parution : 06/05/2021 2021
ISBN :9782356982131

Quatrième de couverture :

Napoléon serait mort le 5 mai 1821 à Sainte-Hélène. C’est du moins ce qu’on lit dans les livres d’histoire, mais, depuis près de deux cents ans, plusieurs romanciers se sont employés à faire mentir cette donnée historique apparemment incontestable. C’est même l’idée que le destin de l’Empereur aurait pu être autre que ce qu’il a été qui a donné naissance à un genre littéraire nouveau : l’uchronie. L’Histoire de la conquête du monde et de la monarchie universelle publiée en 1836 par Louis Geoffroy est en effet le premier livre supposant un point de bifurcation de l’histoire. La France serait-elle dès lors la nation par excellence de l’uchronie, dans laquelle elle chercherait une consolation, une forme de méditation souriante et ludique sur la vanité de la puissance et de la gloire ? Professeur agrégé d’histoire, Olivier Boura est installé dans le Gard, il est l’auteur de livres historiques, de récits, de nouvelles. Il a obtenu en 2006 2006 le prix Hemingway de la nouvelle.

Mon avis : Au premier abord, je me suis demandé ce que le titre cacher. Un roman ? un essai plus ou moins complotiste sur la base classique de « on nous cache tout on nous dit rien », mais moi j’ai découvert la vérité ? Rien de tout ça. En découvrant qu’il s’agissait d’un essai sur les uchronies napoléoniennes, je ne pouvais que vouloir le lire. Et voilà ! C’est fait. Et je suis loin de le regretter.

Quelques pages d’index, une bibliographie des titres de romans, nouvelles et essais dont il est question dans le volume, un petit port-folio regroupant des reproductions de couvertures et de pages de certaines de ces uchronies... et près de 215 pages d’informations passionnantes sur l’histoire de l’uchronie napoléonienne depuis 1815.

Mais qu’est-ce qu’une uchronie ? me direz-vous. C’est une fiction qui tente d’écrire l’Histoire telle qu’elle n’a pas eu lieu. Hormis celles qui sont présentée dans Napoléon n’est pas mort à Sainte-Hélène, parmi les plus connues nous trouvons :

  • Ariosto Furioso, de Chelsea Quinn Yarbro où l’auteure imagine ce qu’aurait pu être l’histoire des Amériques si les Génois avaient financé l’expédition de Christophe Colomb
  • Le maître du haut château, de Philip K. Dick où l’auteur imagine une fin de seconde guerre mondiale favorable aux forces de l’axe et non aux alliés.

Mais les première uchronies tentaient d’imaginer un monde différent induit par une histoire de Napoléon Bonaparte différente.

  • Et si la France n’avait pas acheté la Corse aux Génois et que Napoléon s’en était aller faire carrière dans l’armée austro-hongroise ?
  • Et si La bataille de Waterloo avait été gagnée par l’armé française ? (J’ai eu le sentiment, à lire ce livre, que c’était le point de départ favori.)
  • Et si Napoléon s’était évadé de Sainte-Hélène ?
  • Et si....

Bref, Napoléon n’est pas mort à Sainte-Hélène va vous faire découvrir bien des œuvres de fiction qui, pour beaucoup, méritent le détour. Des plus anciennes : Napoléon Apocryphe : 1812-1832 1832 (l’histoire de la conquête du monde et de la monarchie universelle), écrite dès 1836. Aux plus récentes : L’empire électrique, publiée en 2017 2017 .

Alors, est-ce un bon livre ? Je pense que oui. Il intéressera aussi bien le fan d’uchronie (« sous-genre » de la S-F) tout autant que le fan d’histoire.

Et pour aller plus loin :
Vous pouvez lire les éditions de 1836 et 1841 de Napoléon et la conquête du monde, 1812-1832 1832  : histoire de la monarchie universelle par L. Geoffroy-Château (1803-1858 1858 ), tous les deux disponible sur gallica.

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