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Utopiales 2013

vendredi 27 décembre 2013, par Denis Blaizot

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Éditions ActuSF
Parution : octobre 2013
Nombre de pages : 392
ISBN : 978-2-917689-55-4
Présentation de l’éditeur :

14 nouvelles,14 univers qui se télescopent.
Et si les nuages possédaient une forme d’intelligence ? Que faire lorsqu’on découvre un satellite artificiel qui a la texture d’une grosse grenade ? Comment agir lorsque l’on est un vampire en mission dans l’espace ?
L’anthologie officielle des Utopiales 2013 réunit, cette année encore, auteurs étrangers et francophones, pour défricher les possibles et explorer le futur. Pour être, en somme, au cœur même de notre vocation : la science-fiction.


Sommaire :

  • Dougal désincarné de William Gibson
  • Trois relations de la fin de l’écrivain de Jean-Louis Trudel
  • Les fleurs de ma mère de Andreas Eschbach
  • Noël en Enfer de Orson Scott Card
  • La main tendue de Norman Spinrad
  • Grenade au bord du ciel de Sylvie Lainé
  • Vert dur de Stéphane Beauverger
  • Comment je suis devenu un biotech de Lucas Moreno
  • Dans les mines de Mars de Jean-Pierre Andrevon
  • J’ai eu trente ans de Thierry Di Rollo
  • Trois futurs de Ian McDonald
  • La femme aux abeilles de Thomas Day
  • Nimbus de Peter Watts
  • La fontaine aux serpents de Jeanne-A Debats

Mon avis : Presque deux ans que ce volume traîne lamentablement dans ma PAL. Très probablement parce que les quatre autres volumes en ma possession m’avaient laissé dubitatif. Mais cet abandon n’était pas justifié ; je ne connais que très peu d’auteurs de cette anthologie. Je n’en ai lu que deux. Et ces deux-là m’ont donné une bonne impression. Non. Ce sont plus tôt tous ceux que je ne connais pas qui m’ont arrêté. Dans les autres volumes des anthologies des Utopiales, j’ai été plus souvent déçu qu’heureux de mes découvertes.

Je ne vais pas changer une méthode qui me convient. Ce sera cette fois encore un petit paragraphe par nouvelle. Allons-y :

  • Dougal désincarné est, pour ce que je m’en souviens, ma première lecture de William Gibson et j’en suis satisfait. Pas de cyberpunk dans cette nouvelle. Juste une revisite du fantôme. Une histoire très douce, très calme. Voire triste.
  • Dans Trois relations de la fin de l’écrivain, Jean-Louis Trudel nous dresse le tableau que je trouve pessimiste de notre société dans laquelle l’écrit aurait presque totalement disparu et où vouloir le maintenir ou, pire, revivre serait un crime. Voilà une histoire très calme, très touchante qui me donne envie d’en découvrir plus de cet écrivain québecois.
  • Andreas Eschbach fait un choix original : nous raconter une catastrophe mondiale vue par un déficient mental. Les textes sont nombreux (et les films aussi) où l’humanité se trouve confrontée à une catastrophe écologique majeure. Les fleurs de ma mère nous conte une telle histoire. Et si le principal protagoniste était un quidam quelconque, elle n’aurait que peu d’intérêt. Mais là, l’auteur nous la fait découvrir au travers des yeux d’un adulte qui a encore l’esprit d’un enfant qui voit les fleurs que sa mère lui a confiées mourir. Toutes les informations sont là pour comprendre le drame. Mais ce drame n’est pas à sa portée. Très beau texte.
  • Si je faisais une chronique des nouvelles de ce recueil dans l’ordre de lecture, Noël en Enfer, de Orson Scott Card, n’apparaîtrait pas ici, mais un peu plus loin. Je trouvais que j’avançais vachement vite dans ma lecture... Normal quand on zappe un texte... Je suis donc revenu en arrière. Et j’ai bien fait. Cette nouvelle est très plaisante, d’une lecture facile. Envisager le Père Noël et ses aides comme des âmes en peine qui, plutôt que d’insister pour entrer au Paradis ou en Enfer, tentent ce qu’elles peuvent pour aider les enfants qui en ont besoin, est original.
  • Malgré sa notoriété, je n’avais jamais rien lu de Norman Spinrad. Cette main tendue était une bonne occasion. C’est une agréable surprise et un petit coup de « nostalgie ». En effet, ce texte, publié en 1991, fleure bon la SF des années 60. Un appel au secours d’une race extraterrestre qui force l’humanité à dépasser ses limites et mettre de côté ses querelles pour tendre une main secourable... et découvrir que c’était un leurre pour nous tester et nous intégrer à une civilisation galactique. Très bien.
  • Grenade au bord du ciel est le deuxième texte de Sylvie Lainé que je lis [1]. Et là encore, je ne suis pas convaincu par le style. Quelque chose me gène dans sa façon de raconter des histoires pourtant originales. Cette nouvelle ne me fera pas changer d’avis. Je ne chercherai pas à lire d’autres textes de cette auteure française.
  • Je ne vais pas critiquer Vert dur de Stéphane Beauverger. Pour la simple et bonne raison que je ne l’ai pas lue jusqu’au bout. En effet, le style de l’auteur m’a déplu. Sans compter une technique toute simple mise en œuvre pour mieux rendre le thème de la nouvelle : à la première occasion, les mots sont écrits en combinant le masculin et le féminin. Et ça donne : voyageu.r.se.s. Une fois, c’est déjà pénible mais plusieurs fois par page... Le héros travaille dans un journal féministe dont tout le personnel, sauf lui, est féminin. Ok. Mais on en arrive à un passage ou celui-ci raconte comment il essaye de négocier un poste de rédactrice. Grrr !!! Ce n’est pas féministe qui m’a rebuté. Mais, je n’en étais qu’à la mise en place du contexte et je ne voyais pas encore poindre le début de la première phrase de l’histoire réelle. J’ai laissé tomber.
  • Comment je suis devenu un biotech de Lucas Moreno a subit le même sort, mais pas pour les mêmes raisons. Dès la première page, j’ai senti que je risquais de ne pas la finir. Dès la deuxième, je me suis forcé à continuer. À la troisième, je commençais à lire en diagonale. Et à la sixième, je laissais tomber. Le style, la narration... tout pour me déplaire.
  • Dans les mines de Mars, de Jean-Pierre Andrevon, est une excellente nouvelle de SF comme je les aime. On s’étonne du côté vieillot de ces mines martiennes, jusqu’au final où l’auteur nous fait découvrir que ses héros n’ont jamais quitter la Terre. Il faut vraiment que je me remette à la lecture de cet écrivain.
  • J’ai eu trente ans traite d’une obsession bien de notre époque : l’éternelle jeunesse. Avec les nouvelles technologies celle-ci n’a jamais était autant à notre portée. Thierry Di Rollo aborde donc un sujet intéressant. Ce que je trouve dommage, c’est le découpage de cette nouvelle. Sur douze pages, la moitié est consacrée à la présentation du contexte. L’autre moitié, qui est l’histoire à proprement parler, est d’une lenteur exaspérante. Mais la chute est intéressante. L’ensemble ne me donnant pas envie de découvrir plus avant cet auteur.
  • J’ai trouvé Trois futurs, la nouvelle de Ian McDonald, ennuyeuse à l’excès. Comment dire ? Vous prenez un article de fond d’un journal comme Le Monde sur la situation politico-économique d’un quelconque pays en développement. Vous novélisez le tout, et vous avez le texte de McDonald. C’est du moins l’impression que j’ai eue. Et je peux vous dire que ça me coupe l’envie de lire quoi que se soit d’autre de cet écrivain pourtant réputé.
  • La femme aux abeilles de Thomas Day est une petite histoire de genre fantasy. Cette nouvelle était pour moi l’occasion de découvrir cet écrivain. Son style me plait. Son imagination semble me convenir. Je retenterai ma chance de ce côté.

Avant de continuer ma critique de chaque nouvelle, je vais faire un petit aparté. Chaque texte est précédé d’une présentation de l’auteur. La première phrase de celle de Peter Watts m’a quelque peu surpris : Peter Watts fait partie de cette « nouvelle » génération d’auteurs comme Robert Charles Wilson et Ian McDonald... D’accord, le mot nouvelle est entre guillemets, le terme ne me semblait pas adapté. Une petite pêche aux infos a donné ceci :

  1. Robert Charles Wilson est né en 1953, a publié son premier roman en 1986 et a reçus plusieurs prix dont le P.K. Dick et le Hugo
  2. Ian McDonald est né en 1960, a publié son premier roman en 1988 et a reçus encore plus de prix dont le P.K. Dick et le Hugo
  3. Peter Watts est né en 1958, a publié son premier roman en 1999 et sa première nouvelle en 1991. Même si ses œuvres ont souvent étaient sélectionnées, il n’a obtenu que le Hugo.

Eux la nouvelle génération ? Par opposition à qui ? Lucien de Samosate ? Et quel adjectif doit-on associer aux « petits jeunes » qui peinent à se faire connaître parce qu’ils ont moins de 50 ans, ne sont pas anglophones ou n’ont jamais reçu de prix littéraires de renommée mondiale ? Ce désaccord sur l’usage de l’expression « nouvelle génération » est sans doute une partie de l’explication de mes divergences d’opinion d’avec cet éditeur.

  • Nimbus de Peter Watts, avec une petite touche de mysticisme, aborde le problème du changement climatique et notre rapport à la Terre. Très bien. J’en redemande. J’espère avoir de nouveau l’occasion de lire de cet auteur de la « nouvelle » génération ;-)
  • La fontaine aux serpents, de Jeanne-A Debats, me fait légèrement peur. 67 pages, c’est beaucoup pour une nouvelle. En général, à cette longueur, ... il y a des longueurs ou il manque un petit quelque chose pour en faire un roman. Côté longueur, l’intro représente 25% de la totalité du texte. Ça, c’est pas fait pour me plaire. Mais ce n’est pas ce qui m’a été le plus désagréable : tous ses personnages principaux parlent de cul. Mais pas suffisamment pour donner une touche érotique à l’ensemble. Non, juste ce qu’il faut pour agacer et amener le lecteur à se poser des questions sur l’état mentale de l’écrivain. Mis à part ces deux points, il y a des choses intéressantes. Mais l’ensemble est décevant. Après cette lecture, je n’ai pas vraiment envie de découvrir plus avant cette auteure.

En bref : Cette anthologie ne déroge pas à l’habitude : Quelques textes m’ont vraiment plu et me donnent envie d’approfondir ma connaissance de ces écrivains et d’autres m’ont laissé indifférent, voire m’ont déplu. Les premiers étant minoritaires, je ne chercherai pas à lire d’autres volumes de cette série.

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