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Utopiales 2012

vendredi 6 juin 2014, par Denis Blaizot

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Éditions ActuSF
Parution : octobre 2012
Nombre de pages : 292
ISBN : 978-2-917689-41-7
Présentation de l’éditeur :

Et si les extraterrestres nous observaient la nuit ? Et si l’on pouvait se concentrer à l’extrême sur un seul sujet ? Ou connaître tout notre avenir depuis l’enfance ? Ou bien avoir des rendez-vous réguliers avec un visiteur du futur ? Et si on pouvait désinventer des inventions ?
L’anthologie officielle des Utopiales rassemble des auteurs importants de l’imaginaire mondial et francophone et rend, cette année, un hommage à Roland C. Wagner.

Sommaire :

  • « Origines », préface de Roland Lehoucq et Ugo Bellagamba
  1. Origo, de Pierre Bordage
  2. Fae-space, de Sara Doke
  3. L’Observatrice, de Robert Charles Wilson (traduction : Gilles Goullet)
  4. La Finale, de Nancy Kress (traduction : Eric Holstein)
  5. La Chose du lac, de Laurence Suhner
  6. « Et pleurer, comme Alexandre », de Neil Gaiman (traduction : Gilles Goullet)
  7. La Fin de Léthé, de Claude Ecken
  8. Petite Excursion à l’endroit des atomes, de Tommaso Pincio (traduction : Milena Ascione)
  9. En attendant demain, de Laurent Queyssi et Xavier Mauméjean
  10. RCW, d’Ayerdhal

Mon avis : Ça commence mal. Pourquoi se sentir obligé de débuter ce genre de recueil par une préface ? Pourquoi l’auteur (ici, les auteurs) de la dite préface se sent-il obligé de répondre à l’appel alors qu’il n’a visiblement rien à dire d’intéressant sur le sujet et qu’il n’a pas envie d’écrire sur le sujet. Vous l’aurez compris, je n’ai pas apprécié celle de ce volume. Et c’est encore Ugo Bellagamba qui en fait les frais. C’est déjà lui qui avait sévi pour l’édition 2009. Encore une préface de ratée.

Je n’ai lu qu’un seul autre texte de Pierre Bordage : Le pacte. Cette nouvelle, prélude à une saga m’avait impressionné favorablement. Il n’en est pas de même pour Origo. L’auteur nous raconte ici un voyage sub-luminique à une échelle sub-atomique sans autre but que de démontrer la faisabilité de la chose. Au final, nos héros suicidaires — Hé, oui ! 0,012% de réussite seulement, dixit Pierre Bordage — remontent le court du temps jusqu’au moment du big-bang, le fameux instant zéro de l’univers. Bref, une réduction d’être humains jusqu’à une taille inférieure au millième d’un atome, une gestion des paradoxes temporels étrange, des personnages qui font penser à une nouvelle de qualité moyenne des années 1950 ; voilà un ensemble d’éléments idéal pour m’empêcher d’apprécier ce texte.

Sara Doke écrit très bien. J’ai apprécié son style clair et aéré, mais.... car il y a un mais. Fae-space, sa nouvelle présente dans ce volume des Utopiales, ne m’a pas accroché. Les humains découvrent que les créatures des légendes (fées, lutins, nains, etc...) existent. Tout le monde s’entend et, grâce au programme SETI, les terriens découvrent l’existence d’être intelligents sur une autre planète. Les habitants de notre bonne vieille Terre reçoivent de leur lointains cousins les instructions nécessaires à la construction d’un vaisseau interstellaire. Et hop ! Vogue la galère. Arrivés sur place, ils découvre que, là-bas aussi, il existe plusieurs races intelligentes. Voilà, voilà ! Bref, c’est pas avec ça que je vais devenir un inconditionnel des œuvres de cette auteure.

J’ai découvert Robert Charles Wilson avec Les Perséides dans le volume des Utopiales 2009. J’avais été conquis par cet auteur. Je suis nettement moins enthousiasmé par L’Observatrice. Bien écrit, il n’y a pas à dire. Mais le récit en lui-même ne m’a pas emballé. L’observatrice nous raconte un épisode de son adolescence, quand elle voyait des créatures étranges la nuit, et comment Edwin Hubble, le grand astronome, l’a aidée à surmonter sa peur et à maîtriser ses visions. Ben voilà. 32 pages. En fait, l’idée sous-jacente à ce récit n’est développée que sur un cinquième ; et encore, en comptant large. Ce n’est vraiment pas les proportions que j’apprécie. Vous l’aurez compris, cette nouvelle calme mon envie de découvrir plus avant l’œuvre de cet excellent écrivain.

Une fois n’est pas coutume, c’est avant tout la traduction de La Finale, nouvelle de Nancy Kress, que je vais critiquer. En effet, dès le premier paragraphe, je suis agressé par un malencontreux tout à chacun. Non, monsieur le traducteur, ce n’est pas cela. La bonne expression est, ici en tout cas : tout un chacun. Plus loin, nous avons droit à un superbe les tout meilleurs joueurs mondiaux. Z’avez pas l’impression qu’il y a un mot en trop, là ? Mis à part ça, arrivé à la moitié de la nouvelle, je ne lui ai toujours pas trouvé d’intérêt. L’intérêt arrive dans les deux ou trois dernières pages qui prennent la forme d’un épilogue. Bref, pour moi, ce n’est pas une bonne nouvelle dont la traduction laisse à désirer. Car les erreurs que je vous ai signalées ne sont pas les seules, malheureusement.

La Chose du lac, de Laurence Suhner, est le premier texte de ce recueil qui me donne envie de lire la suite. Le style est agréable, l’histoire intéressante et bien amenée. C’est même la première nouvelle qui ait sa place dans ce volume. Je vais tenter de découvrir autre chose de cette auteure suisse.

Avec « Et pleurer, comme Alexandre », Neil Gaiman nous sert une petite nouvelle bien sympathique. Cette histoire de « désinvention »... Hé oui ! si on veut faire disparaître toutes les inventions qui nous paraissent peu pertinentes ou gênantes, on risque fort de se retrouver à l’âge de pierre, voire un peu avant, sauf si, comme notre héros, on se refuse à toucher aux inventions qui ont été faites avant sa naissance. Mais six pages, c’est un peu court pour critiquer en bien ou en mal une œuvre.

La Fin de Léthé, de Claude Ecken, est pour l’auteur l’occasion de nous parler de la maladie d’Alzheimer. Très réussie. Mais il y a quelque chose dans la narration qui a fait que, à partir du moment où j’ai compris qu’il s’agissait de ce thème, j’étais pressé de l’avoir finie pour passer à autre chose. Non pas que j’ai particulièrement peur de cette maladie, mais bien que la nouvelle ne m’intéressait plus. Dommage.

Petite Excursion à l’endroit des atomes, de Tommaso Pincio est bien écrite, mais... pour moi, ce n’est pas une nouvelle, juste un contexte. L’héroïne est une enfant victime de la contamination nucléaire consécutive à un « accident nucléaire ». Elle est intéressante dans la mesure où c’est un texte italien qui fait quelques allusions à des personnages notables de l’histoire récente de l’Italie : Mussolini et un ex premier ministre Propriétaire de chaînes de télévision. :) Mais cette narratrice se contente de nous faire un cours d’histoire. En fait, il ne se passe rien. Malheureusement, ça m’a l’air d’être la nouvelle mode, vu le nombre de textes ayant ce genre de « défauts » dans les anthologies des « utopiales ».

Avec RCW, Ayerdhal signe un hommage à Roland C. Wagner. Je ne connais pas l’œuvre ni de l’un ni de l’autre. Ça ne m’a pas gêné, mais ce n’est pas pour cela non plus que j’ai laissé tomber ce truc. C’est quoi ce machin ? La nouvelle est inintéressante à souhait. Arrivé à la moitié, je n’y avais toujours pas accroché. Les fautes de français m’ont fait craqué. Je ne suis pas choqué qu’un auteur d’une certaine renommée fasse des fautes, mais qu’elles soient présentes dans l’édition finale... Personne ne l’a relu ? Quelques exemples :

  • Au temps au lieu de Autant (page 217)
  • Un triangle à six branches ? Qu’est-ce que c’est ? D’accord, ce n’est pas une faute de français mais si quelqu’un peut m’expliquer... sans raconter d’ânerie, bien sûr. (page 227)
  • Le tant de vérifier. si si, vous avez bien lu : tant au lieu de temps (page 249)

Et là, j’ai craqué. J’arrête. J’ai bien d’autres livres hautement plus intéressants à lire, et qui contiennent moins de coquilles.

En bref : voilà un recueil qui est loin de m’avoir emballé. Seuls trois textes ont retenu mon attention : La Chose du lac de Laurence Suhner, « Et pleurer, comme Alexandre » de Neil Gaiman et La Fin de Léthé de Claude Ecken. Pour les autres, ils n’ont pas su me captiver. Et ce ne sont pas ces textes-là qui m’ont donné envie de découvrir ces auteurs. Dommage, c’est pourtant, en théorie, l’idée sous-jacente à ce genre de publication. Qui a sélectionné ces textes ? Qui les a relus avant de les envoyer à l’imprimeur ? J’ai encore les Utopiales 2013, mais je pense que je vais faire une coupure. Pour ne pas en entamer la lecture sur un a priori négatif.

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