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Roger Zelazny : Nouvelles éparses

dimanche 3 novembre 2013, par Denis Blaizot

J’ai retrouvé, par le plus grand des hasards, un fichier texte que j’avais composé il y a de nombreuses années avec un certain nombre de nouvelles de Roger Zelazny extraites de quelques numéros de Galaxie et Fiction, deux revues de Science-Fiction éteintes de depuis longtemps. J’avais alors l’intention de me faire mon propre recueil de nouvelles de cet auteur ; intention jamais mise à exécution.

En voici les titres :

  • L’année du Bon Grain
  • Les grands rois lents
  • Le chant du Babouin bleu
  • La rédemption de Faust
  • En cet instant de la tempête
  • Les Portes de son visage, les lampes de sa bouche

L’année du Bon Grain (The year of the good seed, Galaxy, décembre 1969 pour l’édition américaine et Galaxie (2e série) n° 110, juillet 1973 pour l’édition française) a été co-signée par Dannie Plachta et Roger Zelazny. La traduction est due à Frédérique Bauer. Les auteurs ont repris l’idée que les chinois ont inventé la poudre, mais n’ont jamais eu l’idée d’en faire usage pour réaliser des armes ; cette idée ayant mûri dans l’esprit des Européens. Ici, une civilisation d’une autre planète a découvert l’énergie atomique et la possibilité d’en faire des bombes. Mais ces bombes ne sont pas destinées à la guerre. Elles ne servent que lors de l’année du bon grain pour fêter l’énergie solaire. Malheureusement, un autochtone participe à une conversation de Terrien durant laquelle l’un d’entre-eux, sans penser à mal, fait le rapprochement avec la Chine et la poudre à canon. Les humains, après leur départ, ont le désagrément de découvrir que le message est passé. L’usage de ces super feux d’artifice a changé. Une histoire bien menée et agréable à lire.

Les grands rois lents (The great slow kings, Worlds of tomorrow, décembre 1963 pour l’édition US et Galaxie (2e série) n° 98, OPTA, juillet 1972 pour l’édition française. Traduction de M Tuyet.) sont les deux derniers représentant d’une race ancienne et lente. Avec l’aide du dernier robot à leur disposition, ils tentent de se trouver de nouveau sujets. Mais leur lenteur et leur sempiternelles chamailleries ne leur permettent pas de mener à bien leur projet. Cette nouvelle est amusante. Mais l’auteur voulait-il y cacher un message ?

Avec Le chant du Babouin bleu (Song of the blue baboon If, août 1968. Galaxie (2e série) n° 59, OPTA, avril 1969 pour l’édition française. Traduite par Denise Hersant.) il n’y a pas de doute. Zelazny aborde le problème de la culpabilité. Est-on toujours certain d’avoir fait ce qu’il fallait faire ? Et est-on en droit de douter du mobile ? En effet, son héros, en train de mourir, est confronté à ses actions dans une guerre contre des envahisseur de la Terre : les fameux Babouins bleus. Est-il un traître à la cause humaine ? A-t-il fait tout ce qu’il pouvait faire ? Et les autres comprendront-ils quel rôle il a jouer dans ces événements ? Sans conteste, une histoire intéressante.

Je suis surpris que cette nouvelle n’est jamais été reprise dans des recueils de nouvelles de Zelazny. Dans La rédemption de Faust (Traduite par Bruno Martin. The salvation of faust, The Magazine of Fantasy & Science Fiction, juillet 1964. Fiction n° 232, OPTA, avril 1973 pour l’édition française) L’idée est excellente : et si Faust, au lieu d’avoir vendu sont âme au diable, lui en avait acheter une ? Et automatiquement se pose la question de la place d’un homme qui a des états d’âmes dans une société qui n’en a pas. Le retour en arrière est-il possible ? Le contrat entre Faust et le diable peut-il être annulé ?

Les deux dernières ont, à mon goût, moins d’intérêt.

En cet instant de la tempête (Traduite par Michel Deutsch. This moment of the storm, The Magazine of Fantasy & Science Fiction, juin 1966. Fiction n° 157, OPTA, décembre 1966 pour l’édition française) est centrée sur un homme qui, après de multiples voyages dans l’espace, a fini par s’installer sur une planète où il a trouvé l’amour et une certaine stabilité. Mais tout n’est pas toujours pour le mieux dans ce qui semble être le meilleur des mondes. Cette terrible tempête fait table rase de tout ce qui avait été construit et notre héros est obligé de repartir à zéro. Mais peut-on réellement repartir à zéro. Combien de temps faut-il pour effacer les stigmates de tels événements ? Cette question, bons nombres de victimes de catastrophes ont du se la poser.

Je n’ai pas vraiment été convaincu par Les Portes de son visage, les lampes de sa bouche (Traduite par Michel Deutsch. The Doors of His Face, the Lamps of His Mouth, The Magazine of Fantasy & Science Fiction, mars 1965.Fiction n° 162, OPTA, mai 1967 pour l’édition française). Je peux dire que je n’ai pas été sensible aux charmes de cette histoire de pêche au gros... au très gros. Où l’homme devant intervenir sur les installations de pêche pour les mettre en service, risque à tous moment de devenir la proie. Pour moi, les méthodes de pêche mises en œuvre sont incompatibles avec une société qui a colonisé les autres planètes du système solaire, et ça me gène.

Si vous avez suivi le lien du début, vous avez compris que c’est un auteur que j’apprécie beaucoup et que je ne peux que conseiller.

Le chant du Babouin bleu est disponible également dans le volume Une rose pour l’ecclésiaste.

Les Portes de son visage, les lampes de sa bouche peut-être lu dans Le livre d’or de Roger Zelazny et dans l’anthologie Histoires de créatures.

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Challenge « Je lis des nouvelles et des novellas »
Ce challenge a couru du 12/12/12 au 11/12/13