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Le livre d’or de Frank Herbert

samedi 2 novembre 2013, par Denis Blaizot

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Frank Herbert

Ce recueil, publié pour la première fois en France en 1978, contient les nouvelles suivantes :

  • Opération Musikron (Nightmare Blues / Operation Syndrome) - 1954)
  • Le Syndrome de la Marie-Céleste (Mary Celeste move - 1964)
  • L’Effet M.G. (The GM effect - 1971)
  • Forces d’occupation (Occupation force - 1973)
  • Les Primitifs (The Primitives - 1966)
  • Vous cherchez quelque chose ? (Looking for Something ? - 1952)
  • Passage pour piano (Passage for Piano - 1973)
  • Semence (Seed Stock - 1970)
  • L’Œuf et les cendres (Egg and Ashes - 1960)
  • Chant nuptial (Mating call - 1971)
  • Étranger au paradis (Escape Felicity- 1971)
  • La Bombe mentale (The Mind Bomb - 1969)

Il contient également une liste des œuvres de Frank Herbert à la date de publication de l’ouvrage et une préface de Gérard Klein.

Mon avis : J’ai commençait cette lecture en sachant parfaitement qu’il y a les œuvres de F. Herbert que j’ai appréciées et celles que j’ai détestées. Qu’allait-il en être de ce recueil de nouvelles ?

La première nouvelle de ce livre est la plus longues (72 pages) et surtout la plus anciennes, puisqu’il s’agit du deuxième texte publié par cet écrivain. Après quelques pages, je ne pouvais que me faire la remarque : ça commence mal ! en effet, les incohérences fleurent bon la SF des années 50. Des transports en commun ultramodernes, des tenues vestimentaires « futuristes », des repas en gélules, mais des pièces de monnaies plein les poches, de l’électronique de grand-papa, une idée de la psychanalyse et de la psychologie très 50’s. Pire que tout : des incohérences majeures dans la trame de l’histoire. En particulier, les personnes exposées à une certaine machine deviennent folles dans les vingt-quatre heures suivant l’arrêt de la machine, mais cela n’empêche pas le héros d’envoyer hors de la ville des personnes qui y ont été exposées. Si elles s’éloignent de la ville, elles ne seront par pour autant protégées de l’effet néfaste de l’arrêt de la machine. Mais grâce à son intelligence et à sa présence d’esprit, il arrive à sauver le monde. En plus l’amour de sa vie revient vers lui à temps pour le récompenser de son courage. Du grand n’importe quoi.

Ne pas abandonner. Il en reste encore 11.

« L’automobile de Martin Fisk, une Buick 1997 de l’année passée, à triple turbine et réacteurs assistés, jailli de l’autoroute,... » Aïe ! J’ai un mauvais pressentiment... qui ne se dissipe qu’après avoir lu la première moitié de cette nouvelle qui traite de la difficulté de l’individu de s’adapter et s’intégrer à une société de plus en plus pressée. Plus intéressante que la première et heureusement plus courte.

Pas d’incohérence dans le contexte de la troisième nouvelle puisque presque tout se passe dans une salle de réunion d’une université. Aucune description du contexte social ou technologique. Les héros de cette nouvelle ont expérimenté une drogue qui permet de se souvenir des vies de leurs ancêtres. Et patatra ! C’est l’occasion pour Herbert de faire de Lincoln un raciste éhonté et des notables de Boston ayant participé à la célèbre Boston Tea Party des trafiquants de thé de contrebande près à tout pour maintenir leur marché lucratif. Objectif de tout cela ? Je ne sais pas. Et c’est bien là où le bât blesse. Puisque tout ceux qui ont participé à cette expérience sont assassinés par l’armée ou un groupuscule armé, est-ce simplement pour l’auteur l’occasion de nos resservir le coup du grand complot ? Essaye-t-il de nous faire croire au retour des Illuminati ou des petits hommes verts infiltrés sur Terre ? Bref, vous l’aurez deviné : une grosse déception.

Là, je faire un brake. Sinon, je pourrais bien abandonner la lecture de ce recueil de nouvelles.

Je reprends la lecture de ce funeste bouquin après m’être fourvoyé dans un roman de Robert Silverberg : Le Grand silence. Mais est-ce une bonne idée ? Mon programme est tout fait : Une nouvelle de Herbert, une nouvelle d’un autre écrivain. Alternance salutaire.

J’ai bien fait de ne pas laisser tomber. La quatrième nouvelle, Forces d’occupation, est courte, dynamique et amusante. Un vrai plaisir.

Les primitifs, cinquième nouvelle de ce recueil, est également une réussite. C’est une belle façon de traiter de la différence entre individus. Juste un petit couac : L’explication scientifique des quatre seins de l’héroïne n’est pas très vraisemblable.

Je ne sais trop que penser de Vous cherchez quelque chose ? Cette nouvelle est-elle bonne ou non ? Je pense que c’est la façon de traiter le sujet qui me dérange : Une partie au moins de l’humanité a été hypnotisée par une race extraterrestre pour ne pas avoir de souvenirs conscients de sa présence et de ce pourquoi elle est parmi nous. Et à bien y réfléchir, elle ne m’a pas plu.

Ça ne pouvait pas durer. C’était trop beau pour être vrai... Passage pour piano est sensée avoir été publiée pour la première fois en 1973, mais vu ses défauts, je lui donnerai bien 10 ans de plus. Pourquoi ? Quels sont ces défauts tant décriés ? Les héros de cette nouvelle sont une famille américaine sélectionnée pour émigrer sur une autre planète grâce à un vaisseau spatial rapide et à l’hibernation. Ok, et alors ? Alors ! Le gamin est aveugle suite à une maladie et cette civilisation super-technologique qui a trouvé des solutions à des problèmes tels que le voyage interstellaire et l’hibernation n’est pas capable de lui redonner la vue. Pire, la mère de famille est la bonne épouse de l’Amérique des années 60’s, qui est femme au foyer et a des fiches cuisines ; fiches cuisines qu’elle converti en microfilm à l’aide d’une grosse machine à roulettes. Franck Herbert n’a même pas était foutu d’imaginer quelque chose de futuriste sur ces deux points importants. Par ailleurs cette nouvelle de 40 pages environ peine à démarrer. Mais la deuxième moitié est plutôt agréable, malgré sa naïveté.

Frank Herbert remonte dans mon estime avec les deux suivantes.

Dans Semence, il aborde un sujet que j’ai rarement vu aborder : Est-ce l’homme qui doit adapter les mondes à coloniser à ses besoins ? Ou l’homme devra-t-il s’adapter aux planètes sur lesquelles il voudra s’installer. Je penche pour la deuxième option. Et nos aïeux auraient sans doute du faire de même pendant la grande période de colonisation 1840-1940.

Comme le titre le laisse deviner, L’Œuf et les cendres traite de la légende du phénix. La créature mythique apparait ici sous un nouveau jour. Fini l’image du bel oiseau de feu qui renait dans les flammes... quoique...

L’idée de base de Chant nuptial est très bonne. J’ai quand même étais déçu par quelques points : Il est question d’Anthropologie sociale là où le terme d’ethnologie aurait été plus approprié. L’une des héroïnes a un caractère de « merde » et j’imagine mal notre société ayant les moyens d’envoyer des missions ethnographiques à travers la galaxie
une spécialiste avec un tel état d’esprit. Elle Xénophobe, râleuse et autoritaire. On l’imagine très bien en vieux militaire sur le retour. Dernier point, l’usage du mot drone à la place de clone est maladroit. Il est surprenant que le traducteur n’est pas corrigé.

Étranger au paradis est presque parfaite. Et elle le serait si Frank Herbert avait été cohérent dans les descriptions techniques. Notre héros a un vaisseau spatial super-équipé, avec traducteur universel, unité de pensée, etc... mais il utilise encore des imprimantes bruyantes et l’ordinateur de bord édite des bandes perforées (comme sur les ordinateurs des années 60’s) que l’humain insère dans le lecteur du pilote automatique. Comme la liaison ne pouvait pas être électronique.

La Bombe mentale est la dernière nouvelle de ce volume. Et ça tombe bien. Elle me donne une irrépressible envie d’abandonner la lecture de cette antho...

Vous l’aurez compris. Plus de déception que de plaisir à la lecture de ce machin. Grande déception pour moi qui avais pris beaucoup de plaisirs à lire certains romans de cet écrivain.

De cet auteur, j’ai lu et apprécié :

  • L’étoile et le fouet
  • Dosadi
  • Destination : Vide
  • L’incident Jésus
  • L’Effet Lazare
  • Dune (mais pas la suite)
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Challenge « Je lis des nouvelles et des novellas »
Ce challenge a couru du 12/12/12 au 11/12/13

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