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Marius Monnier : À quatre-vingt-dix mille lieues de la Terre

dimanche 28 février 2021, par Denis Blaizot

Auteur : Marius Monnier
Titre français : À quatre-vingt-dix mille lieues de la Terre
Éditeur : La Jeunesse illustrée,
Année de parution : 1906 1906

Quatrième de couverture :

Dessinateur et caricaturiste, Marius Monnier (Compiègne, 7 novembre 1871 1871 – Paris 13e, 6 septembre 1938 1938 ) a aussi été romancier. Il travaille pour les journaux illustrés à partir de 1899 1899  : Le Pêle-Mêle (1899 1899 -1920 1920 ), Le Rire (1900 1900 -1902 1902 ), Le Frou-frou, Le Bon vivant (1901 1901 -02), La Caricature (1901 1901 -03), L’Actualité, L’Indiscret (1902 1902 -06), Le Journal pour tous, L’Assiette au beurre, Le Sans-Gêne (1904-05), L’Écolier illustré (1908 1908 ), Pages folles (1909 1909 -11), l’Almanach illustré du Petit Parisien (1930 1930 -40), etc.

À partir de 1903 1903 , il assure une longue collaboration aux journaux d’Arthème Fayard, La Jeunesse illustrée et Les Belles images, par des histoires en images et des romans de science-fiction fort originaux, mais tombés dans l’oubli, n’ayant jamais été publié en volume.

Il compose cinq romans de science-fiction et une nouvelle. Le premier d’entre eux, ici réédité, « À quatre-vingt-dix mille lieues de la Terre » (La Jeunesse illustrée, 1906 1906 , textes et dessins), solidement documenté, est une grande réussite où s’exprime une science positive et enthousiaste, décrivant pas à pas un autre monde, cadre d’aventures totalement dépaysantes, exotiques et extraordinaires. L’auteur travaille certes en « terrain connu » : le monde lunaire et le trajet pour y parvenir ont déjà été décrits par divers auteurs, de Jules Verne Jules Verne (De la Terre à la Lune, 1865 1865 ) à H. G. Wells H. G. Wells Quasiment tous les amateurs de Science-Fiction et fantastique connaissent les deux œuvres majeurs de cet écrivain anglais que sont La guerre des mondes et La machine à explorer le temps. Mais il a écrit également de nombreuses nouvelles dont certaines ont été publiée dans l’hebdomadaire d’information scientifique La Science Illustrée. Ce sont onze nouvelles que je compte vous proposer ici. Peut-être publierai-je également La Guerre des monde dont la première édition française a été publiée dans cette revue en 1901. (Les premiers hommes dans la Lune, 1901 1901 ) en passant par André Laurie et Georges Le Faure. Ce faisant, Marius Monnier s’éloigne de l’inspiration de l’album pour enfants d’Arthur de Ville d’Avray (Voyage dans la Lune avant 1900 1900 , 1892 1892 ), ou des fantaisies graphiques de G. Ri (« Dans l’infini », Les Belles images, 1906 1906 -1907 1907 ).

Munis de la carte lunaire de Lecouturier et Chapuis (1860), ses héros vont parcourir la surface de notre satellite à partir de leur point d’alunissage, près du cratère Possidonius dans l’hémisphère nord, à l’aide de motocyclettes lunaires qui vont leur faire parcourir des milliers de kilomètres à toute allure. Nous visitons les différents sites, cratères et mers immenses, plaines et montagnes, avec effroi et émerveillement. À chaque page des prodiges nous attendent, sur le plan botanique et zoologique notamment, car la Lune de Monnier est peuplée de créatures vivantes ; une civilisation séculaire y a laissé des traces et artefacts en nombre considérable, et elle grouille d’une vie étrange, monstrueuse, rampante et cauchemardesque. Nous découvrons aussi la face cachée, dont l’auteur nous révèle les mystères démesurés. Le paysage d’un blanc lunaire resplendit sous le ciel noir perpétuellement étoilé, pas un nuage, pas de vent, à peine un peu de poussière sur le passage des engins, monde figé parcouru d’une vie intense totalement étrangère à la compréhension des visiteurs.

Complété d’une carte de la Lune permettant de suivre les pérégrinations des héros, l’ouvrage est postfacé par Jean-Luc Buard (co-fondateur de la revue Le Rocambole, bulletin des amis du roman populaire, chercheur associé au LabSIC, Université de Paris XIII-Villetaneuse), « Marius Monnier, un praticien méconnu du roman scientifique » qui détaille la carrière de l’auteur et les sources d’inspiration de son roman.

Mon avis : C’est grâce à Jean-Luc Buard lui-même que j’ai découvert cet écrivain français tombé dans l’oubli. Et comme beaucoup de ses contemporains également oubliés, il mérite d’être réhabilité.

C’est du livre jeunesse, c’est indéniable. Ce qui ne l’empêche pas d’être aussi bon que les romans de Jules Verne Jules Verne qu’on nous réédite tous les quinze jours. La fantaisie scientifique est présente : découverte de ruines et de créatures vivantes sur la Lune. Mais aussi invraisemblance avec cet homme préhistorique retrouvé vivant et devenu capable de vivre dans une atmosphère lunaire raréfiée à l’extrême. On y retrouve les ingrédients classiques du roman d’aventure : découverte fortuite, jalousie d’un confrère/concurrent, passagers clandestins, mise en péril des héros lors d’une exploration, etc.

En bref : Un bon roman d’aventure jeunesse dont la note SF est évidente. À découvrir.

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