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Ed McBain : Le dément à lunettes

dimanche 31 mai 2020, par Denis Blaizot

Auteur : Ed McBain Ed McBain
Titre français : Le dément à lunettes
Éditeur : Presses de la Cité (Classiques du roman policier)
Année de parution : 1980 1980
ISBN : 2258007003

Quatrième de couverture :

- Non ! Oh, mon Dieu, non ! s’écria-t-il.

Quelque chose, dans sa voix, fit sursauter Carella, qui se précipita au fond de la boutique. Et il entendit alors le cri de Bert Kling, un seul cri atroce, inhumain, qui déchira l’air poussiéreux et saturé de cordite de la boutique : - Claire !

Kling serrait la jeune morte dans ses bras quand Steve le rejoignit. Ses mains et sa figure étaient couverts du sang de Claire Townsend, et il embrassait les yeux sans vie, le nez, la gorge, en répétant inlassablement : Claire, Claire, Claire... Et Steve Carella se dit qu’il se rappellerait ce nom, et le son de la voix de Kling, aussi longtemps qu’il vivrait.

Extraits :

Lundi matin arriva.
Il arrive toujours.
Le lundi matin, on se réveille, on examine l’existence telle qu’elle se présente, et on trouve qu’elle se présente mal. Le lundi est comme ça, c’est la nature de la bête. Le lundi devrait être un commencement, quelque chose comme un nouvel an à la petite semaine. Mais pas du tout. Le lundi est invariablement un sale jour. On devrait interdire le lundi.
Un cadavre n’a aucun droit.
Si vous êtes un cadavre, on peut vous photographier sous tous les angles les moins flatteurs tandis que vous gardez les yeux grands ouverts aux éclairs des flashes, on peut prendre des clichés de vos cuisses sanglantes, des dernières mouches de l’été grouillant sur vos lèvres. On peut enfin appuyer des pouces sur vos yeux pour baisser vos paupières, ramener votre jupe sur vos genoux et marquer à la craie la position de votre corps sur le rocher où vous étiez. On peut vous rouler sans ménagement sur une civière et vous trimbaler dans l’ambulance, sans douceur. On peut flanquer brutalement la civière sur le plancher de l’ambulance et jeter un drap sur votre corps, sur la taille menue, les jeunes seins, la gorge, le visage. Vous n’avez pas le droit de vous plaindre.

Mon avis : Ça y est ! Ed McBain Ed McBain passe dans mes auteurs favoris ! Bon. D’accord. Après n’avoir que Le sang sur le trottoir et ce roman, certaines mauvaises langues pourraient me dire que je vais vite en besogne, qu’il a encore le temps de me décevoir. Et alors ? Il y a bien d’autres auteurs qui vous déçoivent sur un titre ou un autre. Je me risque. Mais pourquoi ? Parce que son style est dynamique, je dirais même pêchu. J’en veux pour preuves les deux citations que je partage.

Donc, voici un beau petit roman policier plein d’énergie. Un quadruple meurtre comme les faits divers actuels des USA nous présente régulièrement. Des inspecteurs de police au caractère bien trempé. Un adolescente qui meurt après un avortement clandestin. Des noirs, des juifs, des camés, des ados membres de gangs, un ghetto pauvre d’une banlieue de grande ville. Bref, tout ce qui fait un bon roman noir. Et j’en redemande. Là je suis servi. Ce roman fait partie d’un ensemble de 53 romans et 3 nouvelles. Mais ce n’est qu’une petite partie des œuvres d’Ed McBain Ed McBain .

En bref : J’en redemande !! Et ça tombe bien. On vient de me donner le tome 1 de l’intégrale du 87e district. 7 romans. Et me manque encore les 8 autres volumes de la série. Encore !... vous croyez qu’il faut que j’envisage une cure de désintox ? :-)

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