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René Barjavel : Ravage

jeudi 20 avril 2017, par Denis Blaizot


Première édition : 1942
ISBN : 2-231-00132-2
Collection : Bibliothèque du temps présent (éditions Rombaldi)
253 pages

Présentation :

« Vous ne savez pas ce qui est arrivé ? Tous les moteurs d’avions se sont arrêtés hier à la même heure, juste au moment où le courant flanchait partout. Tous ceux qui s’étaient mis en descente pour atterrir sur la terrasse sont tombés comme une grêle. Vous n’avez rien entendu, là-dessous ? Moi, dans mon petit appartement près du garage, c’est bien un miracle si je n’ai pas été aplati. Quand le bus de la ligne 2 est tombé, j’ai sauté au plafond comme une crêpe... Allez donc jeter un coup d’œil dehors, vous verrez le beau travail ! »

De l’autre côté de la Seine une coulée de quintessence enflammée atteint, dans les sous-sols de la caserne de Chaillot, ancien Trocadéro, le dépôt de munitions et le laboratoire de recherches des poudres.

Une formidable explosion entrouvre la colline.

Des pans de murs, des colonnes, des rochers, des tonnes de débris montent au-dessus du fleuve, retombent sur la foule agenouillée qui râle son adoration et sa peur, fendent les crânes, arrachent les membres, brisent les os.

Un énorme bloc de terre et de ciment aplatit d’un seul coup la moitié des fidèles de la paroisse du Gros-Caillou.

En haut de la Tour, un jet de flammes arrache l’ostensoir des mains du prêtre épouvanté.


Source : Babelio

Mon avis : Je craque. Non décidément ; je ne peux plus lire de René Barjavel. Deuxième lecture deuxième échec. Après La nuit des temps auquel je n’avais pas du tout adhérer. Là, j’abandonne carrément la lecture de Ravage.

Premier point noir, à mon avis, le premier tiers n’est qu’une mise en situation. L’auteur ne fait que’une mise en contexte des personnages principaux avec une présentation plutôt bonne des la France du milieu du XXIe siècle telle qu’on pouvait l’imaginer en 1942. Et il est tombé à peu près juste avec les écarts imputables à ce genre d’exercices.

Mais continuer à penser notre société sexiste et raciste... Là, c’est manquer de perspective sur l’évolution de l’être humain. L’héroïne jeune et naïve comme il était de bon ton qu’elles le soient au milieu du XXe. Un grand méchant empereur noir du Brésil qui veut venger les noirs des maltraitances que leur ont fait subir les blancs américains. Car bien sûr, ceux-ci après avoir exploiter plusieurs générations de noirs sur le territoire des USA sont expulsés vers l’Amérique du sud. Mouais. Une expulsion vers l’Afrique aurait été plus logique, non ? Surtout que personne ne leur a demandé leur avis.

Avant que les bombes devant anéantir l’Amérique du nord ne fasse leur office, l’électricité et le magnétisme disparaissent... des machines. Parce que les créatures vivantes qui, elles aussi utilisent ses forces pour exister ne sont pas impactées. S’en suivent quelques pages amusantes sur les conséquences immédiates de cette « catastrophe ». Mais là encore, la pauvres petite héroïne est sujette à des faiblesses qui obligent ses deux compagnons à la prendre totalement en charge. Mais l’un est beau fort et altruiste quand l’autre est présenté comme un pourri de première sans force ni courage. Et voilà notre trio descendant cahin-caha les 96 étages d’une tour (appelée « cité radieuse » sans doute en référence à Lecorbusier). Pourquoi pas. Mais pourquoi nous décrire les animaux étranges folâtrant dans le parc au pied de l’immeuble ? Bon ! Les cygnes « génétiquement modifié » (même si l’auteur n’utilise pas ce terme et parle de modifications apportées par la chimie et la physique) peuvent être dans leur champs de visions et il n’est donc pas aberrant que l’auteur nous les décrivent un minimum. Mais il m’a paru superflu d’avoir des informations sur des poissons fantaisie présents en grand nombre dans un bassin. J’imagine mal les protagonistes prendre le temps d’observer la faune aquatique quand leur préoccupation première est de survivre. ça a donc été la goutte d’eau qui a fait déborder le vase et j’en suis frustré. J’aurai bien voulu finir ce livre, mais j’ai bien d’autres choses à lire auxquelles je ferais moins de reproche.

En bref : Tentez votre chance, si contrairement à moi, vous savez faire abstraction de ce genre de défaut. Mais pour moi, les jeux sont faits : Ravage ne restera pas dans ma bibliothèque.

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