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Harlan Ellison : Ainsi sera-t-il

dimanche 18 septembre 2016, par Denis Blaizot

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Titre original : Paingod and others delusions, 1965
Traduction de Gisèle BERNIER
Marabout - Science fiction n° 381, 1971

Quatrième de couverture :
Il y a dans ce livre des morts, des spectres, des rêves, des gouffres insondables, des guerres, des espoirs, de la boue et du sang... Il y a d’innombrables machines et d’innombrables robots... Il y a aussi des hommes : ils séjournent ailleurs, sur d’autres mondes, hors de l’espace et du temps... Et ils vivent d’effroi et de terreur... Mais il y surtout la prodigieuse verve d’un des écrivains les plus imaginatifs de l’actuelle science-fiction américaine.
Démentielles ou lucides, les nouvelles de Harlan Ellison bousculent, dans un tumulte de mots et de visions, toutes les idées reçues.

Sommaire :

  1. Les Fadas (The Crackpots)
  2. Logos-vengeur (Paingod)
  3. Arlequin et l’homme-tic-tac (« Repent Harlequin ! » said the Ticktockman)
  4. Œil-de-magie (Bright eyes)
  5. Les Laissés-pour-compte (The discarded)
  6. Les Docmecs (Wanted in surgery)
  7. Plus impénétrables que les ténèbres (Deeper than the Darkness),
  • Jean-Baptiste BARONIAN : Un écrivain à part entière, Postface

Mon avis : J’ai croisé le nom d’Harlan Ellison à de nombreuses reprises au cours de mes pérégrinations littéraires, au détour des préfaces et autres petits mots de présentation des œuvres de quelques grands de la science-fiction américaine. Très tôt, je me suis promis de le lire... pour voir. C’est maintenant chose faite. Découvrant ce recueil de nouvelles sur les rayonnages d’un bouquiniste ou les bacs d’une foire aux livres, j’ia tenté le coup pensant comme toujours que lire un recueil de nouvelles d’un écrivain est le meilleur moyen de le découvrir.

Voilà, c’est fait. J’ai lu et je n’ai pas été convaincu. Enfin si. Convaincu de ne pas retenter l’expérience. Pourquoi ? Incompatibilité d’humeur. Ellison écrit très bien. La traduction est bonne. Mais... car il y a un mais : alors que les idées sont bonnes, je me suis ennuyé très rapidement dans chacun de ses textes. Surtout les plus longs. Tout simplement parce que la mise en place fait plus de la moitié du texte sans que l’auteur nous distille d’informations sur le but qu’il s’est donné.

  1. Les Fadas est caractéristique de ce défaut. En tout cas, c’est en tant que tel que je le ressens. Le héros est une sorte de gardien de prison, ou d’asile psychiatrique. Le narrateur nous raconte ses pérégrination dans une ville dont les habitants ont tous un comportement loufoque. Comportement qui parait d’autant plus décalé à notre « gardien » qu’il vit dans une société par ailleurs très policée. Mais notre héros fini par découvrir que ce sont en fait les « fadas » qui sont les maîtres de leur civilisation et que ce sont eux qui ont choisi de s’isoler des autres membres de leur race. L’idée est bonne, mais 60 pages pour arriver à cette conclusion... Grrrr !!
  2. Logos-vengeur, nettement plus courte (une quinzaine de pages), ne présente pas ce défaut, mais n’est pour autant pas beaucoup plus intéressante : Le ’Logos-vengeur’ est une créature chargée par des entités « supérieures » de dispenser la souffrance et la douleur. Mais il découvre un jour qu’il ne peut continuer à faire cela sans avoir compris à quoi s’opposent ces deux notions. Il s’incarne donc sur Terre dans deux personnes en fin de vie qui souffrent.
  3. Arlequin et l’homme-tic-tac est, au dire de l’auteur même, un exutoire. Harlan Ellison est un incorrigible retardataire. Il a donc décider d’écrire une nouvelle centrée sur une société où tout retard est sanctionné par une réduction d’autant de l’espérance de vie de l’individu. Arlequin se rebelle contre le système jusqu’au dernier moment. Amusante, sans plus.
  4. Œil-de-magie est le dernier de sa race. Une race qui il y a très longtemps a fait le choix de mourir pour laisser la place à l’Humanité. Elle a laissé Œil-de-magie en « arrière garde » avec pour mission, si les hommes ne faisaient pas ce qu’il est attendu d’eux, de sortir de sa tanière pour aller mêler les cendres de ses congénères aux cendres de l’humanité... ce qui fini par arriver. C’est une nouvelle comme je ne les aime pas. Il ne s’y passe rien. Le héros va d’un point A à un point B et le narrateur décrit ce qui l’entoure.
  5. Les Laissés-pour-compte est une histoire moralisatrice. L’humanité a rejeté tous les mutants résultants de la pollution (sous toutes ses formes) sur un vaisseaux spatial qui erre dans le système solaire. Jusqu’au jour où les « normaux » découvrent que seuls ces mutants ont la solution contre une maladie qui ravage la Terre. Probablement la meilleur nouvelle de ce recueil malgré sa fin très négative. Ou peut-être justement à cause de cette fin.
  6. Les Docmecs est une bonne nouvelle sur la place des robots et de la mécanisation dans notre société, affaiblie à mon sens par le fait que (est-ce un défaut de la traduction) le narrateur semble penser que la médecine se résume à la seule chirurgie. Cela dit en faisant abstraction d’une introduction beaucoup trop longue.
  7. Plus impénétrables que les ténèbres est étrangement construite. La deuxième partie donne l’impression de ne pas être la suite de la première. Le héros de cette histoire est un homme possédant des pouvoir paranormaux inédits qui lui valent d’être sélectionné pour détruire une civilisation extra-terrestre contre laquelle l’humanité est en guerre. Mais il réussi à fuir sans avoir fait ce qu’on voulait qu’il fasse. Un homme erre de monde en monde en racontant des histoires et en chantant. Le dernier paragraphe de la nouvelle vous confirme que vous aviez raison de supposer que c’était bien le personnage principal de la première partie. M’ouais !

En bref : Un bon style, mais des histoires qui sont loin de me convaincre de lire autre chose de cet écrivain.

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