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Lucius Shepard : Abimagique

samedi 14 septembre 2019, par Denis Blaizot

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Auteur : Lucius Shepard  
Titre français : Abimagique
Titre original : Abimagique (2007)
Éditeur : Le Bélial’ (Coll. Une heure-lumière )
Année de parution : 2019  
ISBN : 978-2-84344-955-0

Quatrième de couverture :

« C’est la fille coiffée style Halloween. Coupe Morticia Addams, teinture noir de jais, mèches orangées asymétriques. Elle a vingt-quatre ou vingt-cinq ans. Une femme-enfant, songes-tu, qui dévore des biographies d’empoisonneurs célèbres et s’est affublée des piercings les plus douloureux du marché. De la chair à goth typique. Pourtant, une fois passé les cheveux, les robes vintage, la bague-araignée au ventre de perle, les tatouages sur les mains (un crâne de vampire, un cœur humain) et le maquillage outrancier, tu remarques que son visage est empreint d’une douceur et d’une sensualité maternelles qui semblent trop vulnérables pour participer de ce monde moderne… »

Elle a pour nom Abi — diminutif d’Abimagique. Elle est volupté, sensualité, violence aussi, parfois. Le monde court à sa perte, elle en est convaincue, maiselle dit avoir le pouvoir de sauver ce qui peut l’être… Elle est impénétrable. Possible qu’elle soit Cybèle, Magna Mater, femme sorcière tellurique. Possible aussi que le temps soit venu ; celui du sacrifice…

Mon avis : C’est toujours un plaisir de se lancer dans la lecture d’une œuvre inédite ou pas de Lucius Shepard  . Mais un « truc » surprendra le lecteur, connaisseur ou pas de son œuvre : l’usage de la deuxième personne du singulier. Oui, lecteur, TU es interpellé en permanence par le narrateur qui TE raconte TON histoire, tous ces événements presque ordinaire au début et qui deviennent de plus en plus étranges au fil des pages. C’est original. Ça nous change du JE de beaucoup d’auteurs contemporains et du IL des plus anciens. Le JE donne un côté « journal intime » au récit, mais, parfois, le présent gâche tout par l’impossibilité dans laquelle se trouve l’auteur de raconter son histoire au fur et à mesure. La troisième personne du singulier lève cette difficulté mais donne au lecteur un rôle de spectateur. Certains auront donc du mal à s’identifier au personnage. Le TU résout ces deux problèmes : le narrateur TE raconte ce qu’il T’arrive au fur et à mesure des événements. Une bonne idée à laquelle il n’est pas facile de s’habituer.

Et l’histoire ? me direz-vous. Elle est des plus étranges et superbement bien racontée. Je dois dire qu’au final, habitué au TU, j’aurais voulu qu’elle continue, que Lucius ne nous laisse pas sur la route de l’aéroport et nous raconte aussi ce qu’il advient de son héros dans ce qu’il nous a promis dans les dernières pages de cette novella.

En bref : À lire absolument même si ce TU peut être dérangeant. On finit par s’y faire.

À lire en ligne et en VO : https://web.archive.org/web/2008050...

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