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Dimension Préhistoire

dimanche 3 novembre 2013, par Denis Blaizot

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Anthologie de nouvelles préhistoriques présentées par Meddy Ligner.

Textes de Elie Berthet, Jean-Michel CalvezOrson Scott Card, Frédérick Durand, Ariane Gélinas, Pierre Gévart, Jess Kaan, Antoine Lencou, Pierre-Alexandre Sicart, Rachel Tanner et Jean-Louis Trudel.

Accompagnées d’un article de Marc Guillaumié.

Présentation par l’éditeur : Selon la définition traditionnelle, la Préhistoire débute avec l’apparition de l’homme et se termine avec l’invention de l’écriture. Les quatorze textes ici présentés balayent ce large spectre temporel et trois d’entre eux évoquent même des époques encore plus anciennes : celles où l’homme n’avait pas encore foulé la surface de notre planète. En tournant ces pages, vous voyagerez du Carbonifère au Néolithique…

Tous les ingrédients sont réunis dans ces textes pour remonter le temps jusqu’à l’aube de l’humanité. Préparez-vous à rejoindre vos ancêtres lointains."

Ce volume contient :

  • Introduction
  • Pierre Gévard : Les Ammants de la Houillère
  • Pierre Gévart : Le Troupeau
  • Elie Berthet : Les Parisiens à l’âge de Pierre
  • Pierre-Alexandre Sicart : Ève
  • Rachel Tanner : Le Frisson de la Savane
  • Pierre Gévart : Évolution
  • Frédérick Durand : Pour que s’anime le ciel factice
  • Jess Kaan : Au Temps des Aurochs
  • Ariane Gélinas : La Mémoire Ensevelie
  • Jean-Louis Trudel : L’Homme qui fit couler une mer
  • Antoine Lencou : D’un Versant à l’autre
  • Pierre Gévart : Les Pierres Jumelles
  • Orson Scott Card : Guéris-toi toi-même
  • Jean-Michel Calvez : Chure Libre, sans temps imposé
  • Marc Guillaumié : Fiction Préhistorique et Science-Fiction

Pour vous le procurer sur le site de l’éditeur.

Mon avis : J’ai ce livre entre les mains grâce à un petit jeu/concours. Merci à l’organisatrice et aux éditions Rivière Blanche. Mais ce n’est pas parce que c’est un livre offert que je ne vais pas critiquer.

Passons très vite sur les trop nombreuses erreurs de composition qui ne font vraiment pas pro. Vous noterez par ailleurs que dans le sommaire recopié sur le site de l’éditeur (identique à celui du livre), l’orthographe de certain nom de famille est aléatoire. Vous noterez également l’écriture fantaisiste du mot « Amant » avec 2 m comme dans maman

Les nouvelles signée Pierre Gévart sont intéressantes bien que trop courtes pour être vraiment accrocheuses. L’idée des deux premières est bonne : plutôt que de parler des hommes préhistoriques, parlons des animaux et uniquement d’eux. La troisième nouvelle de cet auteur nous narre la rencontre des hommes de Cro-Magnon et de Néandertal. La quatrième, quand à elle décrit le labeur des constructeurs de menhirs et autres dolmens. Toutes trop courtes.

N’en déplaise à l’anthologiste, Les Parisiens à l’âge de Pierre n’est pas une nouvelle mais le premier chapitre d’une des quatre nouvelles publiées par Élie Berthet dans le recueil Paris avant l’histoire et le lecteur ne peut qu’en être conscient. Bah ! du coup, j’ai lu le recueil complet.

Avec Ève, Pierre-Alexandre Sicart nous donne une petite perle, dommage qu’elle soit gâtée par une idée saugrenue : utiliser des symbole astrologique pour une partie des syllabes des noms de deux extraterrestres. Cela les rend imprononçables, mais surtout a généré des problèmes de composition. Certains caractères se chevauchant allègrement.

Rachel Tanner nous conte dans Le Frisson de la Savane la découverte fortuite, par une adolescente, des premières armes permettant aux êtres humains de se défendre contre leurs agresseurs. Plutôt réussie.

Pour que s’anime le ciel factice de Frédérick Durand, est une vrai réussite. Un tantinet fantastique. Par contre, était-il utile d’identifier le héros comme homosexuel puisque cela n’apporte rien à l’histoire.

Jess Kaan, avec Au Temps des Aurochs nous montre ses talents de narrateur, mais je n’ai pas vraiment accroché à son histoire.

Avec La Mémoire Ensevelie, Ariane Gélinas nous fait vivre une découverte archéologique dans le nord du Québec. Le héros découvre, sur les lieux de sa futur maison, au milieu de la forêt canadien, un crâne de cristal qui lui permet de connaître la vie des hommes préhistoriques. Intéressant et bien écrit.

Encore un Québécois. Jean-Louis Trudel, nous raconte, comment L’Homme qui fit couler une mer se retrouva à penser qu’il était la cause de la rupture d’un barrage de glace retenant un grand lac glaciaire dont les grands lacs américains seraient les restes. Très réussi.

Je n’aime pas le style d’Antoine Lencou. De plus, c’est la nouvelle qui contient le plus d’erreur de typo, de mots en trop et de fautes d’orthographe de tout le recueil. Les deux réunis, j’ai bien failli abandonner. Pour l’idée maîtresse de D’un Versant à l’autre est excellente : donner un contexte vraisemblable à la mort de Otzi. Cet homme de l’âge de pierre retrouvé momifié dans la neige des Alpes italienne il y a près de 5300 ans.

Les maîtres chanteurs, Sonate sans accompagnement, Espoir-du-cerf, Une planète nommée trahison. Quatre bonnes raisons d’apprécier l’auteur. Et Guéris-toi toi-même est arrivée. Orson Scott Card y exprime une vision étrange de l’intelligence. C’est le seul reproche que je ferais à cette nouvelle. Même si elle est plutôt décalée dans une anthologie consacrée à la préhistoire puisque la narration la situe dans notre futur. L’homme de Neandertal est au centre de la trame. Pour l’auteur, l’homme moderne est un un néandertalien victime d’une maladie. Jusque là, ça va. Mais que lui a pris de considérer que le mode de vie de nos ancêtres est une preuve de manque d’intelligence ?

La nouvelle de Jean-Michel Calvez, Chute Libre, sans temps imposé m’a agacé au plus haut point. elle n’est peut-être pas sans intérêt, mais n’a rien à faire dans un recueil sur la préhistoire. Tiens, plus belle absurdité de ce truc : « Il tombe encore, et sa sonde de vitesse affiche une valeur presque insensée, à quatre chiffres commençant par un deux ; ... » Quoi ? Deux mille micromètres par millions d’années ? Quelle signification donner à un tel passage ? Quelle unité de mesure est utilisé ? Des km/h ? des m/s ? J’ai été tellement énervé par la médiocrité de cette nouvelle que je n’en ai pas lu l’article de Marc Guillaumié : Fiction Préhistorique et Science-Fiction. Mais pour ce que j’en ai lu, je ne suis pas certain que j’aurais appris grand-chose sur la littérature « préhistorique ».

Conclusion : Je ne fuirai probablement pas les auteurs de cette anthologie, mis à part l’anthologiste lui-même, qui n’a pas fait preuve de beaucoup de sérieux dans son travail, vu le nombre de coquilles, bévues et boulettes de ce volume.

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CITRIQ
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