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Malcolm Jameson : La pompe à vide

lundi 22 décembre 2025, par Denis Blaizot

Cette courte nouvelle de Malcolm Jameson Malcolm Jameson Malcolm Routh Jameson naquit à Waco, Texas, USA, le 21 décembre 1891 et mourut le 16 avril 1945 à New York.

Il a publié de 1940 à 1945 un peu plus de 70 nouvelles et cours romans de SF.
est parue sous le titre Vacuumulator dans Astounding Science-Fiction en janvier 1944.

Elle fait partie d’un ensemble de courtes nouvelles intitulé Probability zero !, auquel de nombreux auteurs de Astounding ont participé.

Je ne pense pas qu’elle fasse partie des nouvelles de cet écrivain américain que nous publierons.

Le professeur Gnitwitt rayonnait en voyant ses visiteurs.

—  Oui, gloussa-t-il, c’est ça ! Cette machine sera l’aspirateur parfait. Examinez-la !

Ils l’inspectèrent en fronçant les sourcils, en marmonnant, en caressant leurs barbes ou en massant leurs crânes chauves. C’était sans aucun doute un engin étrange. Il ressemblait à une bathysphère : une sphère robuste, percée d’une fenêtre à lentille avec un couvercle coulissant sur l’une de ses faces. À son sommet se trouvait un petit tuyau d’évacuation en col de cygne, dont la tige était munie d’un clapet anti-retour. À proximité se trouvait une batterie de puissants projecteurs à arc, braqués sur l’ouverture de l’aspirateur. Un coup d’œil à un schéma accroché au mur leur apprit que la sphère était creuse, sa seule caractéristique interne étant d’être tapissée d’une myriade de miroirs à facettes.

Le professeur Gnitwitt fit circuler des lunettes noires. Puis il actionna l’interrupteur et alluma la lumière.

—  La pompe à vide est actuellement remplie d’air. Je l’éclaire de façon ordinaire. J’augmente l’éclairage et la pression lumineuse jusqu’à ce que la sphère soit remplie de lumière. Vous voyez ?

Personne ne pouvait : les lumières étaient aveuglantes.

—  Maintenant, poursuivit Gnitwitt triomphant, puisque l’endroit est rempli de lumière, il ne peut y avoir de place pour l’air. Celui-ci s’est échappé par la soupape de sécurité située en haut, mais l’orifice de ventilation, en forme de col de cygne et doublé de velours noir, empêche toute fuite de lumière. Nous avons donc remplacé l’air par de la lumière. Nous éteignons la lumière. Il ne reste plus rien. CQFD !

—  Impossible ! s’exclama le Dr U. Wood avec mépris. Vous avez certes fermé le point d’entrée, mais la sphère est toujours pleine de lumière. Or, selon vos propres dires, aucune lumière ne peut s’échapper. Elle est toujours là, rebondissant d’un miroir à l’autre.

—  Précisément. » Le professeur Gnitwitt triomphait désormais. « Vous oubliez la loi de Short sur la lumière, lui lança-t-il avec dédain. Selon Short, la lumière est ralentie, dissipée et affaiblie par ses nombreux allers-retours rapides et par l’usure que lui causent ces brusques inversions. Elle s’attarde, elle rougit, elle faiblit. Bref, mon savant collègue, elle se fatigue ! Elle s’éteint. Et quand la lumière s’éteint, il ne reste plus rien. D’après Short, nous avons du vide.