Il a publié de 1940 à 1945 un peu plus de 70 nouvelles et cours romans, principalement de SF.
Il a signé quelques-unes de ses œuvres du nom de Colin Keith.
Comme nombre d’auteurs américains de SF, fantastique ou fantasy n’ayant publié que pendant la seconde guerre mondiale, il est totalement inconnu en France.
Officier de la Marine américaine, sa carrière d’écrivain a débuté lorsque des complications liées à un cancer de la gorge ont limité ses activités. Selon John W. Campbell Jr., Jameson « a largement contribué au développement de l’armement naval moderne [vers 1945] ».
La première œuvre de fiction publiée par Jameson est parue dans Astounding Science Fiction en 1938. Sa nouvelle « Doubled and Redoubled » est peut-être la première œuvre de fiction à mettre en scène une boucle temporelle. Ses récits d’exploration du système solaire consacrés à « Bullard of the Space Patrol » ont été rassemblés à titre posthume en 1951 et ont remporté le prix des Boys Clubs of America ; dans leur critique de ce recueil, Boucher et McComas ont salué Bullard comme « le personnage de série le mieux campé de la science-fiction moderne ». P. Schuyler Miller a écrit que Jameson s’était inspiré de sa propre expérience navale pour conférer à ses récits « une atmosphère chaleureuse et réaliste ».
Alfred Bester a décrit sa rencontre avec Jameson vers 1939 : « Mort Weisinger m’a présenté aux déjeuners informels des auteurs de science-fiction en activité à la fin des années 30… Malcolm Jameson, auteur de récits spatiaux inspirés de la marine, était présent : grand, maigre, prématurément grisonnant, parlant d’une voix lente et grave. De temps à autre, il venait accompagné de sa jolie fille, qui faisait tourner toutes les têtes. » est parue sous le titre Vacuumulator dans Astounding Science-Fiction en janvier 1944.
Elle fait partie d’un ensemble de courtes nouvelles intitulé Probability zero !, auquel de nombreux auteurs de Astounding ont participé.
Je ne pense pas qu’elle fasse partie des nouvelles de cet écrivain américain que nous publierons.
Le professeur Gnitwitt rayonnait en voyant ses visiteurs.
— Oui, gloussa-t-il, c’est ça ! Cette machine sera l’aspirateur parfait. Examinez-la !
Ils l’inspectèrent en fronçant les sourcils, en marmonnant, en caressant leurs barbes ou en massant leurs crânes chauves. C’était sans aucun doute un engin étrange. Il ressemblait à une bathysphère : une sphère robuste, percée d’une fenêtre à lentille avec un couvercle coulissant sur l’une de ses faces. À son sommet se trouvait un petit tuyau d’évacuation en col de cygne, dont la tige était munie d’un clapet anti-retour. À proximité se trouvait une batterie de puissants projecteurs à arc, braqués sur l’ouverture de l’aspirateur. Un coup d’œil à un schéma accroché au mur leur apprit que la sphère était creuse, sa seule caractéristique interne étant d’être tapissée d’une myriade de miroirs à facettes.
Le professeur Gnitwitt fit circuler des lunettes noires. Puis il actionna l’interrupteur et alluma la lumière.
— La pompe à vide est actuellement remplie d’air. Je l’éclaire de façon ordinaire. J’augmente l’éclairage et la pression lumineuse jusqu’à ce que la sphère soit remplie de lumière. Vous voyez ?
Personne ne pouvait : les lumières étaient aveuglantes.
— Maintenant, poursuivit Gnitwitt triomphant, puisque l’endroit est rempli de lumière, il ne peut y avoir de place pour l’air. Celui-ci s’est échappé par la soupape de sécurité située en haut, mais l’orifice de ventilation, en forme de col de cygne et doublé de velours noir, empêche toute fuite de lumière. Nous avons donc remplacé l’air par de la lumière. Nous éteignons la lumière. Il ne reste plus rien. CQFD !
— Impossible ! s’exclama le Dr U. Wood avec mépris. Vous avez certes fermé le point d’entrée, mais la sphère est toujours pleine de lumière. Or, selon vos propres dires, aucune lumière ne peut s’échapper. Elle est toujours là, rebondissant d’un miroir à l’autre.
— Précisément. » Le professeur Gnitwitt triomphait désormais. « Vous oubliez la loi de Short sur la lumière, lui lança-t-il avec dédain. Selon Short, la lumière est ralentie, dissipée et affaiblie par ses nombreux allers-retours rapides et par l’usure que lui causent ces brusques inversions. Elle s’attarde, elle rougit, elle faiblit. Bref, mon savant collègue, elle se fatigue ! Elle s’éteint. Et quand la lumière s’éteint, il ne reste plus rien. D’après Short, nous avons du vide.

