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L’Irlande fantastique

dimanche 7 décembre 2025, par Denis Blaizot

Textes réunis par : Claude Fierobe

Titre : L’Irlande fantastique

Éditeur : Terre de Brume

Année de parution : 2002 2002 (réédité en 2024 2024 )

ISBN : 2-84362-161-5

Quatrième de couverture :

Les nouvelles irlandaises rassemblées ici, diverses, irréduc­tibles à un même modèle, ont en commun de privilégier l’irra­tionnel. On se souvient que Roger Caillois définissait le fantas­tique comme « l’irruption de l’inadmissible dans l’inaltérable Légalité quotidienne ». C’est bien de cela qu’il s’agit dans ces textes où coexistent, outre les fantasmes personnels, une sourde angoisse engendrée par les métamorphoses du monde contemporain et un recours fréquent au mythe, accompagné d’une valo­risation du passé légendaire.

Des pages sépulcrales de Maturin aux rêveries lumineuses de Clotilde Graves, à travers Griffin, Carleton, Banim, Mangan, Le Fanu, Wilde et Stoker, la palette fantastique se montre ici d’une étonnante diversité dans l’évocation du mystère. William Trevor écrit que, mieux que le roman, la nouvelle irlandaise est capable d’« envoûter » le lecteur. S’il en est ainsi, que dire alors de la nouvelle irlandaise fantastique ?

Sommaire :

  1. Claude Fierobe : L’Irlande et le fantastique
  2. Charles R. Maturin : Le Château de Leixlip (Leixlip Castle ou The Doomed Sisters, 1825 1825 )
  3. Gerald Griffin : La Saint-Martin (St Martin’s Day, 1827 1827 )
  4. William Carleton : Wildgoose Lodge : confession d’un ribbonman repenti (Confessions of a Reformed Ribbonman, 1830 1830 )
  5. John Banim & Michael Banim : Le Gardien du cimetière (The Church-Yard Watch, 1838 1838 )
  6. James Clarence Mangan : La Triple prédiction (The Threefold Prediction, 1845)
  7. Fitz-James O’Brien : Voir le monde (Seeing the world, 1857)
  8. Joseph Sheridan Le Fanu : L’Enfant qui disparut avec les fées (The Child that Went with the Fairies, 1870 1870 )
  9. Oscar Wilde : Le Jeune roi (The Young King, 1888 1888 )
  10. Bram Stoker : Le Secret de la chevelure d’or (The Secret of the Growing Gold, 1892 1892 )
  11. Charlotte Riddell : Conn Kilrea (Conn Kilrea, 1899 1899 )
  12. Ross & Somerville ; Le Grand-oncle McCarthy (Great uncle McCarthy, 1899 1899 )
  13. Clotilde Graves, Enlèvement fantôme (A Spirit Elopment, 1915)
  14. Bibliographie des œuvres traduites

Mon avis : J’ai découvert ce volume dans les étales d’une foire aux livres et l’ai payé un ou deux euros. Et pour une fois, bien que ce soit un livre de déstockage de bibliothèque municipale, il est dans un très bel état. Mis à part deux ou trois tampons, il est même quasi neuf.

Et le contenu ?

En voyant la table des matières je me suis dit qu’il y avait au moins la moitié de bon. C’est déjà bien. Maturin, Wilde, Stoker, Le Fanu... Là je ne prends pas trop de risques. Mais qu’en est-il du reste ?

Le recueil s’ouvre (je ne compte pas la préface) par la seule nouvelle de Maturin. J’ai lu il y a de nombreuses années Melmoth ou l’homme errant et, malgré l’épaisseur du volume, apprécié. Allai-je retrouver le même niveau de satisfaction avec Le Château de Leixlip ? Oui et non. Oui, car c’est bien écrit et la part de mystère est indéniable. Mais elle m’a surpris sur un point : Dans le deuxième quart, l’histoire semblait se focaliser sur la disparition dans des circonstances étranges d’une adolescente. Et tout à coup, Maturin nous parle de sa sœur et de ses sortilèges pour déterminer si elle se marierait ou non. Puis des conséquences.

Gerald Griffin prend la relève avec La Saint-Martin. Et là, pas de doute, c’est fantastique irlandais puisque notre héros est aux prises avec le petit peuple... à moins que ce ne soit qu’un rêve.

Avec Wildgoose Lodge : confession d’un ribbonman repenti, William Carleton nous conte une page bien sinistre mais qui n’a rien de fantastique. Ce récit ne dépareillerait pas dans un recueil de souvenir de la Chouannerie ou des brûleurs de pieds. Bref. Elle n’a rien à faire là.

Le Gardien du cimetière, de John & Michael Banim, est sympa, mais n’est pas ce que j’appellerai une nouvelle fantastique. En effet, elle traite de la folie induite par une peur irrationnelle.

La Triple prédiction, de James Clarence Mangan, est à la croisée des chemins. Peut-on, doit-on, considérer comme relevant du fantastique une nouvelle basée sur la croyance en la prédestinée basée uniquement sur des événements et des coïncidences ? Je ne sait pas. Mais cette nouvelle est très bien, même s’il n’y a aucune trace de magie, de démons ou de créatures fantastiques.

Fitz-James O’Brien nous offre avec Voir le monde un véritable conte fantastique. Un poète malheureux se voit octroyer les pouvoir de faire d’excellents vers, en contrepartie de quoi, il voit tout, comprends tout, entend tout, sent tout. Il déchante très vite et passe de poète prodige à poète maudit. À lire.

Je n’avais pas encore de Sheridan Le Fanu, et ce n’est pas cette nouvelle qui va me donner envie de m’y mettre. J’ai trouvé cette histoire d’Enfant qui disparut avec les fées sans intérêt. Ce qui ne veut pas dire qu’elle soit mal écrite. Certains lecteurs y trouveront leur conte. ;-)

Le Jeune roi, d’Oscar Wilde, ne me donne pas du tout envie d’explorer plus avant l’œuvre de cet écrivain réputé. Quelque chose dans sa façon de raconter me coupe l’envie de lire... au point que je n’ai fait que la survoler.

Passons à Bram Stoker et son Secret de la chevelure d’or. Il y a du fantastique dans cette nouvelle. Mais je pense que c’est pas façon de raconter de l’auteur qui ne m’a pas convenu. Je n’avait déjà lue dans Bram Stoker : L’Enterrement des rats et autres nouvelles et jee ne m’en souvenait pas du tout. Bon. D’accord, c’est une lecture vieille de douze ans... ; mais quand même.

Charlotte Riddell nous l’histoire de Conn Kilrea. C’est une histoire irlandaise. C’est certyain, maisd plus insolite que fantastique. Je pênse qu’elle ne laissera aucune trace dans ma mémoire.

La nouvelle de Ross & Somerville, Le Grand-oncle McCarthy, est une histoire irlandaise. Mais le fantastique ne est absent.

Le recueil se termine par une nouvelle de Clotilde Graves, Enlèvement fantôme. Celle-là est à classer fantastique. Mais elle n’est non plus d’un grand intérêt.

En bref : Ce recueil aurait du plutôt porter le titre Irlande insolite. C’eut été plus adapté aux nouvelles qu’il contient. Si je le note à la qualité de l’écriture... il a une bonne note. Par contre, sur le côté œuvres fantastique, je ne vous dis pas la claque. Je serait presque tenté de lui moins de zéro s’il n’y avait pas les nouvelles de Stoker et Graves. Si vous aimez le merveilleux, ce recueil vous conviendra peut-être. Parcontre, si vous aimez le fantastique à la Masterton.... passez votre chemin.

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