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Charles Kymrell : Le monde du XXVe siècle (37e partie)

samedi 27 septembre 2025, par Denis Blaizot

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—  Soyez sans crainte.

—  Alors, attendez !

Le colosse empoigna l’anneau des deux mains, s’arc-bouta, se cramponna des deux pieds à la muraille qui gémit sous cette tension puissante, Le poids ne bougea pas davantage.

Vexé, Papillon se baissa, examina le socle et ne voyant rien d’anormal, recommença. Tout fut inutile, Papillon s’avoua vaincu en disant :

—  N’excite pas le cheval généreux à sauter plus qu’il ne saurait franchir.

—  Napal éclata de rire.

—  C’est parfait, dit Geirard qui avait noté les chiffres donnés par les efforts du géant, je sais ce que je voulais savoir, vous pouvez vous reposer mon ami.

Papillon lâche le poids, Geirard tourna le commutateur, s’approcha du bloc, le prit sans effort et le reposa sur une table. Papillon abasourdi faillit perdre son sang-froid. Le savant remontait dans son estime il ressentait devant lui le sentiment qu’on éprouve en face d’un prestidigitateur habile qui vient de vous surprendre par un tour d’escamotage impossible à comprendre. Un peu humilié, il regarda Geirard.

—  Vous demandez l’explication de ce phénomène, dit le savant, c’est bien simple il y a là une prise de force et la bobine se trouve dissimulée dans le plancher.

Papillon pensait bien que le bloc était retenu par l’armature d’une machine électrique, mais la petitesse relative du socle l’avait dérouté, et il ne pouvait concevoir où se trouvait la résistance prodigieuse qui réduisait sa force à néant, La réponse de Geirard le tirait d’embarras et sauvait son amour-propre.

—  Maintenant, si vous le voulez, continua Geirard, je vais tenter une autre expérience, pour laquelle vous êtes en mesure de m’aider mieux que personne. Vous n’êtes pas fatigué ?

—  Pas du tout, répondit Papillon en se redressant.

—  Venez alors.

Les deux Indiens suivirent le savant dans une seconde pièce disposée pour les opérations chimiques. Geirard montra à Papillon la poignée d’un appareil et lui mit dans la main un papier sur lequel il avait inscrit plusieurs chiffres.

—  Je vous demande, dit-il, de faire une série d’efforts tels que l’aiguille de ce cadran s’arrête successivement aux chiffres correspondants à ceux qui sont tracés sur ce papier. Je vous indiquerai par des coups de timbre le temps que devra durer chacun de vos efforts. Vous établirez ainsi des résistances qui vont me permettre, si vous y parvenez, de mener à bonne fin une expérience remarquable que je poursuis depuis quelque temps.

Napal qui connaissait la précision des termes employés par Geirard dans la conversation fut frappé de cette épithète et devint attentif. De son côté, Papillon enchanté de participer à la recherche d’une découverte remarquable, se mit en devoir de commencer.

Le savant versa dans des récipients placés sur un grand fourneau des paquets de produits chimiques dosés. minutieusement d’avance, tourna avec soin plusieurs commutateurs gradués, ferma le fourneau et donna une série de coups de timbre. À chacun d’eux Papillon se raidissait et maintenait l’aiguille du cadran au point voulu pendant le temps nécessaire. Enfin on vit le fourneau rougir et les matières se fondirent sous l’action d’un chauffage électrique intense.

Quand l’opération fut terminée, Papillon s’épongea le front. Le brave garçon était épuisé, rompu, mais il n’avait pas lâché d’une semelle. Geirard paraissait adieux.

—  Mon ami, dit-il, vous venez de m’épargner six mois de recherches !

Puis se tournant vers Napal.

—  Je n’avais pas rencontré jusqu’à ce jour un seul homme capable d’exécuter sans aide un pareil travail. Lorsque j’en prenais plusieurs à la fois, le manque d’ensemble me donnait de mauvais résultats. En désespoir de cause, je me voyais dans la nécessité d’inventer un appareil électrique susceptible de me rendre ces tractions compliquées et de perdre ainsi un temps précieux.

Il ouvrit le fourneau, en retira une masse vitrifiée qu’il refroidit instantanément, projeta sur cette masse un rayon lumineux et l’observa attentivement.

Papillon regardait curieusement, fier intérieurement du résultat produit. N’était-il pas un peu le collaborateur du savant. Celui-ci releva la tête, son regard étincelait.

—  Voilà, dit-il, une découverte de premier ordre. Elle vous surprendre, Napal, lorsque vous en verrez les applications pratiques.

—  Quelle est cette découverte ? demanda le jeune Indien.

Geirard sourit et dit :

—  Vous la connaîtrez bientôt, c’est d’elle peut-être que viendra la réussite de vos projets.

Puis regardant la masse vitrifiée.

—  La densité, reprit-il, est variable suivant les lois dont j’avais besoin.

Napal n’y comprenait rien, mais sa foi dans le savant était telle qu’il le crut de confiance. Quant à Papillon il prononce d’une voix dont la gravité prouvait la profondeur de son admiration.

—  La science est la mère du pouvoir, de même que la valeur produit la force.

Puis se tournant vers Napal.

—  Mon cher maître, je suis à vos ordres si monsieur Geirard n’a plus besoin de nos services, nous partirons quand il vous plaira.

Le savant acquiesça avec un sourire bienveillant.

—  Mademoiselle Aurore vous attend à trois heures, dit-il, ne perdez pas de temps.

En entendant ces paroles, Papillon faillit perdre encore une fois son impassibilité. Il n’avait rien dit, rien laissé voir, comment le savant devinait-il qu’il devait conduire Napal chez mademoiselle Aurore à trois heures ? Est-ce que, par hasard, il -n’était plus assez maître de soi pour cacher sur sa physionomie un secret qu’il voulait taire. Geirard était-il sorcier, ou Papillon un indiscret ? Pris dans ce dilemme. Papillon n’hésita pas.

—  Geirard est un génie ! affirma-t-il.

Puis certain d’avoir rempli son devoir, il sortit la conscience calme, pour conduire Napal chez mademoiselle Aurore.

Le jeune Indien se demandait avec inquiétude ce qu’il adviendrait de son entrevue avec une femme qui paraissait s’intéresser si vivement à lui sans le connaître. Cependant la présence de Papillon le rassura, il le savait incapable de se prêter à une complaisance qui pouvait le jeter dans une aventure semblable à celle qui lui était arrivée avec Isabelle. Il y avait là un mystère qu’il était impatient d’éclaircir.

LVI – Chez Mademoiselle Aurore

Pendant le trajet du palais de l’hygiène au domicile de la directrice de chant, Papillon se tint sur la plus complète réserve, expliquant simplement à Napal qu’il avait quitté la bibliothèque pour prendre un emploi plus élevé. Son ancien chef de section à la fabrication vestimentale, qui l’appréciait, l’avait réclamé, et Papillon se trouvait préposé maintenant à V.pr.d.3, à la réception des vêtements envoyés par l’usine de V.fb.310.

Sa fonction équivalait comme importance à celle que Napal occupait en premier lieu dans les États-Collectifs de sorte que Papillon ne devait son avancement qu’à son seul mérite : Une fois n’est pas coutume, disait le brave garçon.

Les deux amis arrivèrent dans la partie de la ville appelée le quartier de luxe, c’est-à-dire celui dans lequel se trouvaient les demeures des fonctionnaires importants qui, nous l’avons dit, habitaient respectivement une maison particulière.

Papillon s’arrêta devant l’une d’elles, pénétra dans le vestibule d’entrée, fit jouer une sonnerie et parla dans le tube avertisseur. La porte du fond s’ouvrit.

—  Ma mission est remplie, dit Papillon à Napal demandez, mademoiselle Aurore, on vous introduira près d’elle.

Puis, plus mystérieux, plus grave que jamais, il s’éloigna.

Resté seuil, Napal hésita un instant. Rougissant aussitôt de sa faiblesse, il souleva une tapisserie et se trouva dans une sorte d’antichambre ornée de riches tentures, de tapis moelleux, d’étoffes luxueuses. De nombreux bibelots, des fleurs variées, plusieurs statuettes et quelques tableaux, décoraient artistement cette pièce. Deux employés faisant partie du personnel des bâtiments se tenaient debout devant la porte.

À ce sujet, réparons une omission que nous avons commise.

La domesticité, Napal le constata dès son arrivée, n’existait plus en Europe. Un personnel spécial était chargé du service de la table et de l’entretien, de faire les réparations, de veiller au nettoyage, en un mot d’exécuter, dans les bâtiments publics ou privés, les travaux qui ne pouvaient être faits par les machines.

Ces employés différaient des anciens domestiques en cette condition capitale que chacun d’eux avait son travail défini, et qu’il pouvait refuser tout ordre en dehors de son service. Ce personnel organisé, par voix hiérarchique, comme dans tous les autres services, avait ses chefs particuliers et n’était tenu qu’à observer la plus stricte déférence envers les habitants de la demeure où Ils travaillaient.Les chefs s’entendaient d’avance avec ces derniers pour que leurs goûts et leurs habitudes fussent satisfaits, aussi bien dans le service que dans l’ornementation de l’immeuble. Ce mode d’agir, perfectionné par l’expérience, était infiniment supérieur au service des anciens domestiques peu dévoués, souvent impertinents et toujours indiscrets.

Napal s’informa auprès des employés dù chemin qu’il devait suivre. L’un d’eux appuya sûr un bouton, aussitôt un phonographe fit entendre à deux reprises :

—  Première porte à droite. Traverser la chambre de travail, et frapper à la porte de gauche.

Napal suivit l’indication donnée, entra dans le cabinet de travail qui était éclairé à pleine lumière et aussi luxueux que les autres pièces, avec cette différence que, dans la disposition des couleurs, par leur éclat, par leur tonalité, il rappelait les habitudes et le goût de son pays.

Après avoir traversé cette pièce, le jeune Indien frappa à la porte de gauche. Elle s’ouvrit et Napal relevant les tentures qui la recouvraient pénétra dans un salon éblouissant.

Il n’eut pas le loisir d’en admirer La splendeur, ses regards furent immédiatement attirés par la vue d’une jeune femme assise sur un siège de repos. Elle portait une toilette composée de ces étoffes merveilleuses que les Européens savaient seuls fabriquer au vingt-cinquième siècle et leur richesse donnait un éclat incomparable à sa beauté naturelle. Quelques bijoux à reflets chatoyants brillaient à travers les boucles de sa blonde chevelure, un simple collier de perles blanches entourait son cou. Le siège sur lequel elle se reposait était d’étoffe de soie bleue pâle encadrée d’un bois richement sculpté.

Napal fit un pas en avant puis s’arrêta croyant rêver.

—  Suis-je en Europe, murmura-t-il, suis-je dans l’Inde ou suis-je le jouet d’un songe !

—  Vous êtes-chez moi ! répondit la jeune femme en lui tendant la main.

Alors, Napal éperdu se jeta à ses pieds et s’écria, en couvrant de baisers passionnés cette main qu’elle lui abandonnait.

—  Oudja ! chère Oudja ! n’est-ce pas un rêve ? est-ce bien vous que je vois ? est-vous que je retrouve ?

C’était Oudja en effet, aussi belle que dans l’Inde, mais Oudja dont la beauté, épanouie au contact des difficultés de la vie, se montrait plus radieuse encore grâce au luxe qui l’entourait, qu’à l’époque où Napal l’admirait à l’Opéra de Bombay. Non seulement la parure qu’elle portait était assortie à son teint, mais encore tout dans l’ameublement s’harmonisait avec sa personne.

Napal, ébloui, transporté, incapable d’exprimer son bonheur, la contemplait avec ravissement, tandis que la jeune fille, heureuse de ces regards, de ces témoignages de tendresse ardente qui lui en disaient plus long que les plus éloquents discours, lui répondait par un sourire plein de charme et de douceur.

Ces premiers moments d’extase passés, Oudja releva Napal et le fit asseoir près d’elle. Le jeune Indien, retrouvant enfin son calme, songea à la questionner.

—  Me voici donc près de vous, chère Oudja, disait-il, près de vous que je croyais là-bas dans l’Inde, soumise à la domination tyrannique de votre père ou perdue dans une retraite ignorée. Par quel miracle êtes-vous encore en Europe ? À quelle faveur devez-vous d’occuper une des plus hautes fonctions, réservées aux femmes dans les États-Collectifs ?

—  Vous pouvez ajouter, Napal, répondit Oudja, que je possède ici la situation la plus élevée dont une étrangère puisse être favorisée. Comment l’ai-je obtenue, me demandez-vous ? C’est une assez longue histoire, qu’il me serait agréable de vous raconter dans ses détails, si je ne craignais d’abuser de votre patience. ajouta-telle en souriant.

—  Oh ! parlez, chère Oudja, n’omettez aucun détail. Plus cette histoire sera longue, plus longtemps je serai près de vous, si toutefois, dit-il en souriant à son tour comme la jeune fille avait souri, ma présence ne vous semble pas importune.

Oudja tendit sa main à Napal et serra doucement la main du jeune homme. C’était la meilleure des réponses. Puis, commençant son récit :

—  Vous vous rappelez les circonstances qui ont hâté notre départ ?

—  Je me les rappelle, dit Napal, ce fut un moment douloureux, effacé par l’ivresse de l’heure présente.

—  Mon père, poursuivit Oudja, quitta l’Inde pour prendre possession du poste d’ambassadeur qu’Afsoul avait obtenu pour lui. Voulant, en même temps, me soustraire à vos recherches, il m’emmena avec lui. Les premiers temps de mon séjour furent pénibles, je sortais à peine. Mon père, irrité de ma résistance, accentuait son autorité de jour en jour. Enfin, ce pays inconnu dans lequel je me sentais isolée, sans appui, m’effrayait. D’autre part, j’ignorais ce que vous étiez devenu. Les lettres de Synga ne me renseignèrent d’abord qu’insuffisamment et malgré mes précautions, je craignais de les voir tomber dans les mains de mon père. Ces lettres restaient ma seule consolation, elles me rappelaient votre souvenir, quelle douleur pour moi si j’en avais été privée !

—  Chère Oudja, dit Napal, qu’ai-je fait pour être ainsi aimé de vous.

—  Vous m’aimez comme je vous aime, n’est-ce pas assez ! Ah ! mon ami, je suis fière de votre amour, rien n’est comparable au bonheur qu’il me donne. Heureux si j’avais pu vous épouser avant votre départ, et vous accompagner à travers cette mystérieuse Europe, afin de partager vos fatigues et vos dangers !

Napal regarda la jeune fille qui s’exprimait dans toute la sincérité de son âme, et ne trouvant aucune expression pour énoncer la reconnaissance qui débordait de son cœur, il baissa les yeux en gardant le silence.

Oudja sourit de nouveau ; elle lisait les sentiments du jeune homme sur sa figure, comme dans un livre ouvert. Elle reprit.

—  Les circonstances s’améliorèrent bientôt pour moi, et me donnèrent l’espoir de réaliser plus tard les projets que j’avais conçus. Les occupations de mon père le contraignirent à se relâcher de sa surveillance. Il lui était impossible, en Europe, de me séquestrer complètement, et, en même temps, il ne pouvait se dispenser de m’emmener dans les réunions auxquelles les ambassadeurs étaient invités avec leur famille. C’est ainsi que je me rendis compte des ressources de ce pays et que j’assistai à quelques-unes de ces fêtes qui dépassent en splendeur tout ce que mon imagination entrevoyait de plus merveilleux. Vous les avez vues aussi, sans doute ?

—  Pas encore, répartit Napal, je sais seulement qu’elles sont aussi brillantes que luxueuses. Ceci importe peu, continuez mon amie, je vous en prie.

—  Les membres du Conseil Suprême assistaient généralement à ces fêtes. Vous savez que ces hauts fonctionnaires ont la haute main sur les affaires et que ce sont eux qui règlent les grandes questions qui s’agitent sur toute l’étendue des États-Collectifs. Nous fîmes ainsi la connaissance de l’un d’eux, nommé Lanciano, homme de cinquante ans environ, passant pour un profond politique, je ne sais pourquoi, peut-être parce qu’il est doucereux avec les hommes, et fort aimable envers les femmes. Il le fut surtout avec moi. Il vint souvent nous voir à l’ambassade, et nous invita à quelques soirées intimes que mon père lui rendit, autant par politesse que pour se ménager l’influence de cet important personnage. Il nous donnait des détails sur les choses curieuses de ce pays, sur ses usages, ses institutions. Plus d’une fois en causant avec moi, il s’attacha à faire ressortir les avantages individuels que possèdent les femmes en Europe. Chez-vous, me disait-il, la femme est toujours en tutelle, sous la dépendance d’un parent ou de son mari. Le mariage est la grande affaire qui décide de sa vie. Presque toujours le hasard y préside. À peine si les époux se connaissent avant la cérémonie. Bienheureuse quand elle n’est pas soumise à un homme incapable de la comprendre, qui la blesse dans sa délicatesse, quelquefois même par ses brutalités. Lorsqu’elle veut s’y soustraire, elle se condamne à passer l’existence pénible de vieilles filles contraintes par une société implacable à une sorte de réclusion chez elles. En Europe, ajoutait-il, aucune de ces misères, la femme est libre, indépendante, et il insinuait que rien n’était plus facile pour une étrangère qui, comme moi, possédait un rare talent musical, de jouir de tous ces avantages. Plus rien de l’autorité despotique d’un père, liberté complète, le travail seul était la loi.

—  Je suppose, dit Napal en souriant, qu’il se gardait de tenir un tel langage en présence de vos parents.

—  Mais, bien entendu, reprit Oudja en riant. Il se contentait de soutenir de longues discussions sur la supériorité des institutions européennes comparées au mode gouvernemental des autres peuples. Il revenait ensuite auprès de moi soutenir sa thèse sur l’émancipation de la femme telle qu’on la pratique ici. Et je vous confesse, mon ami, qu’il le faisait avec d’autant plus de verve que je l’écoutais volontiers. Vous en comprenez le motif, n’est-ce pas ? C’est qu’au fond j’espérais, en pénétrant dans cette vie européenne, vous retrouver et vous aider dans votre tâche, au lieu de languir tristement sous la surveillance injuste de mon père.

—  Chère Oudja, s’écria Napal, combien je vous suis reconnaissant de cette nouvelle preuve d’amour. Par vous je connais affection vraie, désintéressée. Ah ! croyez que je ne l’oublierai jamais ! Qu’advint-il ensuite ?

—  J’avais facilement deviné le mobile qui poussait Lanciano dans sa conduite à mon égard ; quoiqu’il fit tous ses efforts pour le dissimuler. Ma personne lui plaisait assurément, mais il connaissait trop bien nos principes d’éducation pour ignorer qu’il n’obtiendrait rien de la fille de l’ambassadeur Indien ; tandis qu’il en serait tout autrement si je restais seule en Europe.

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