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Charles Kymrell : Le monde du XXVe siècle (33e partie)

mardi 23 septembre 2025, par Denis Blaizot

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Ce personnage allongé sur un siège dans une posture bizarre, semblait tailler avec le plus grand soin une petite cheville de bois. À l’entrée de Napal il tourna la tête, jeta, pendant une seconde à peine, un regard perçant sur l’Indien, et reprit son occupation sans se déranger. Il allongea seulement le bras pour poser son canif sur une table, prendre une lime, et se mit à roder sa cheville.

—  Monsieur Pierre Geirard, dit Napal, étonné de cette attitude.

—  C’est moi. Parlez, je vous écoute, répondit le savant, limant et examinant tour à tour son bout de bois.

Intimidé, ou plutôt ennuyé par cet accueil, Napal exposa brièvement le but de sa visite, ce qu’il était venu faire en Europe, et lui exprima l’espérance qu’il voudrait bien l’aider de ses conseils sur la recommandation d’Hassir. En même temps, il tendit la lettre du vieillard au savant.

Ce dernier la parcourut d’un œil distrait, la jeta sur une table, reprit sa cheville, l’essaya dans un petit appareil, qui ressemblait à un planeur, la retira en grommelant, choisit une lime plus fine que la première, et se mit de nouveau à roder son bout de bois.

Napal, debout, attendait en silence. Geirard le regarda fixement une seconde fois, puis dit d’une voix ennuyée :

—  Je suis aujourd’hui fatigué, très fatigué. Je ne saurais vous écouter attentivement ; revenez plus tard.

Napal, découragé par une pareille réception, allait se retirer en pensant qu’il était inutile de déranger à l’avenir ce singulier personnage, lorsque le savant ajouta :

—  Quand ?

—  plaît-il ? fit Napal.

—  Je vous demande quand vous reviendrez ?

—  Il m’est impossible de vous le dire, je repars demain soir.

—  Eh bien, demain à une heure.

Napal s’inclina et se dirigea vers la porte. Le savant lui dit encore :

—  Vous me plaisez. N’oubliez pas que j’ai votre promesse pour demain, une heure.

Voilà ce qu’on peut appeler un original, se dit Napal lorsqu’il fut dehors. Je doute que son aide me soit d’une grande utilité. Cependant, Hassir n’a pu se tromper sur son compte. Enfin, je verrai bien.

Napal profita de son séjour V.pr.d.3 pour visiter la ville. Le soir, il dîna en compagnie de Papillon et de Louise à laquelle il raconta son odyssée burlesque à la bibliothèque. La jeune femme riait franchement, tandis que Papillon disait :

—  Les années des hommes ordinaires se calculent d’après leurs rides ; celles des sages d’après leurs études.

—  Vous pensez bien, dit Louise à son tour, que les choses se passent autrement dans les salles de la bibliothèque publique, sans quoi les réclamations tomberaient dru comme grêle sur l’administration. Les sections réservées et, par suite, peu fréquentées, sont les seules qui, sous l’influence des vieux érudits, conservent ce mode administratif aussi prétentieux que vexatoire.

—  De quelle façon procède-t-on à la bibliothèque publique ? demanda Napal.

—  On évite, en premier lieu, de faire attendre trop longtemps le lecteur.

—  Comment est-ce possible avec l’indifférence des employés ?

—  Le lecteur pénètre d’abord dans une grande salle contenant le catalogue de tous les ouvrages avec les détails qui les concernent, l’endroit où Ils se trouvent, etc. Ce qui lui permet de demander avec exactitude le volume dont il a besoin. De plus, à la salle des catalogues aboutissent de grands halls correspondant à différents genres d’études, Le lecteur, en se rendant dans le hall où se trouve le genre d’ouvrage qu’il veut consulter, fait lui-même la première besogne.

—  Je comprends, dit Napal, au lieu de laisser les recherches aux employés, toujours peu nombreux par rapport aux lecteurs, ce sont ces derniers qui les commencent, de sorte que la besogne se trouve considérablement abrégée par cette subdivision du travail.

—  C’est cela même, reprit Louise. Enfin le nombre des volumes d’une même œuvre est d’autant plus considérable qu’elle est plus demandée par le public et on a supprimé toute la paperasserie inutile.

—  Voilà qui est sagement ordonné, observa Napal, à mon prochain voyage j’en ferai l’expérience.

LII – Entretien philosophique

Le lendemain Napal se rendit à l’heure convenue chez Pierre Geirard, Le savant disait un manuscrit. qu’il ferma en apercevant le jeune Indien, et vint au-devant de lui la main tendue. Son attitude, bien différente de celle de la veille, était cordiale, amicale même.

—  Ne restons pas ici, dit-il, nous serions mal à l’aise pour causer.

Napal le suivit. Ils traversèrent silencieusement plusieurs galeries, descendirent par un ascenseur, et Geirard, guidant toujours Napal, pénétra avec lui dans une serre magnifique remplie de plantes, de hautes fougères et d’arbustes variés. Un ruisseau aux eaux cristallines courait à travers un gazon fleuri. Plusieurs petits ponts, pittoresquement ouvragés, reliaient les deux rives, Geirard et Napal s’arrêtèrent dans un bosquet enfoui sous la verdure.

—  Nous sommes ici, dit Geirard en manière d’explication au jeune homme qui jetait un regard admiratif sur tout ce qu’il voyait, dans l’une des serres d’agrément du palais de l’hygiène. D’autres sont plus vastes, celle-ci est la plus agréable.

Ce disant, il se plongea dans un rocking-chair, tandis que Napal s’asseyait sur une sorte de siège pliant très agréable.

—  Pour commencer, dit Geirard, parlez-moi de cet excellent Hassir. Voilà près de vingt ans que je ne l’ai vu.

—  Il est toujours vert, quoique très âgé, répondit Napal. Cependant, j’ai cru remarquer, lors de ma dernière visite, que ses forces commençaient à faiblir.

—  C’est un excellent cœur, et j’ai pour lui une sincère affection, dit le savant avec une pointe de mélancolie qui frappa Napal. Sa parole était toujours claire, ses pensées élevées, mais il manquait de profondeur et l’esprit scientifique lui faisait défaut. Que de fois nous nous sommes animés en causant, malgré la différence de nos âges. Je ne pouvais tolérer son manque de précision. Tout cela est bien loin aujourd’hui, cependant je me le rappelle avec plaisir.

Le savant parut s’absorber dans ses souvenirs. Napal le regarda, surpris de rencontrer une pareille marque de sensibilité chez un homme dont il ne pouvait définir la complexité de caractère.

Au bout de quelques secondes, Geirard reprit :

—  Maintenant parlons de vous.

Napal ouvrit la bouche, prêt à s’expliquer. Le savant l’arrêta.

—  Inutile, je sais, dit-il.

—  Vous savez ? fit Napal interloqué.

—  Oui, vous n’avez rien à m’apprendre que je ne connaisse déjà.

Napal eut un sourire de doute.

—  Vous doutez ? Alors, écoutez. Vous êtes jeune, ardent, enthousiaste, capable de vous éprendre d’une grande idée, et même de vous sacrifier pour elle. Vous avez le caractère droit, le cœur affectueux, un peu trop sensible, Voilà pour les sentiments. Vous êtes actif, persévérant, susceptible parfois de vous décourager, mais doué d’assez de fermeté pour ne pas vous arrêter en chemin. Voilà pour la volonté. Vous avez de l’érudition, un grand désir d’apprendre, et surtout l’ambition de perfectionner l’expérience qui vous manque. Voilà pour l’intelligence.

Naval s’étonna de plus en plus. Geirard le dépeignait comme s’il le connaissait depuis son enfance.

—  J’ai défini la personne, continua le savant, arrivons maintenant à vos projets. Vous avez quitté l’Inde pour venir en Europe, afin de réaliser une conception généreuse, comme celle d’étudier nos institutions dans le but de les transporter dans votre pays. Vous vivez au milieu de nous depuis quelques mois, et vous n’avez pas réussi, au contraire. Aujourd’hui vous venez me demander aide et protection. Est-ce bien cela ?

—  Oui, répondit machinalement Napal, abasourdi de se voir si bien deviné par un homme qu’il avait vu la veille pour la première fois ; oui, c’est la vérité ; mais je ne m’explique pas comment vous êtes renseigné sur mon compte, mieux pour ainsi dire, que je ne le suis moi-même.

—  Je me suis renseigné en vous regardant, tout simplement. Je n’ai fait que traduire ce qui est écrit sur votre physionomie, dans vos gestes, dans votre attitude. Il n’y a là ni magie, ni sorcellerie ; croyez-le bien.

Napal fut tenté de croire que le savant se moquait de lui.

—  Soyez persuadé que je parle sérieusement, poursuivit Geirard qui devinait avec une extrême facilité ce qui se passait dans l’esprit de Napal. D’après votre position actuelle, j’ai calculé la durée de votre séjour en Europe. Un jeune homme tel que vous ne peut avoir la pensée de visiter les États-Collectifs que dans le but d’en observer les mœurs et les usages. Enfin votre conversation, votre langage dénotent votre état intellectuel, de même que le jeu de votre physionomie la deviner La nature de vos sentiments.

« De plus l’air embarrassé, inquiet que vous affectiez hier en m’abordant, m’a prouvé que les événements ne marchaient pas au gré de vos désirs. Et le regard d’espérance que vous m’avez lancé avant de sortir, m’a donné la certitude que vous comptiez sur mon appui. Voulez-vous que j’ajoute le dernier mot qui complétera mon analyse ? J’ai pu conjecturer à certaines intonations émues qui perçaient dans vos phrases, que vous étiez sous l’empire d’un amour malheureux. Ne niez pas, c’est la vérité.

Napal, confondu, commençait à subir l’influence de l’intimidation que l’on éprouve malgré soi, lorsqu’on se trouve en présence d’un homme dont on reconnaît l’écrasante supériorité. Néanmoins, derrière la froideur apparente du savant, il entrevit une bienveillance si cordiale et si vraie qu’il reprit confiance jusqu’à se sentir complètement à l’aise avec lui.

—  Me permettrez-vous, dit-il du ton de l’élève qui demande une explication à son maître, d’ajouter quelques détails complémentaires à votre analyse ?

—  Si vous le jugez nécessaire, allez.

Napal exposa la mission qu’il s’était proposé d’accomplir et fit le récit de ce qu’il appelait ses aventures en Europe. Pendant ce temps, Geirard tournait la tête à droite, à gauche, paraissait écouter à peine et s’intéresser beaucoup plus aux personnes qui entraient dans la serre, ou qui en sortaient, qu’aux paroles du jeune homme.

Légèrement agacé par cette étrange façon de suivre une narration, Napal fut dix fois sur le point de s’interrompre. Un geste du savant l’invitait à continuer. Plus tard, lorsqu’il fut accoutumé à ses manières originales, il comprit que l’extrême intelligence de Geirard lui permettait de saisir une conversation toute entière dès les premiers mots, ce qui lui laissait le temps de poursuivre d’autres idées pendant que son interlocuteur achevait la sienne.

Quand Napal eut terminé, Geirard releva la tête, ferma un calepin sur lequel il inscrivait une foule de calculs, se balança, et dit :

—  D’après ce que je viens d’entendre, votre affaire se subdivise en deux parties distinctes !

—  Oui.

—  D’abord tirer le meilleur avantage possible de votre voyage en Europe.

—  C’est cela.

—  Ensuite faire bénéficier vos concitoyens de l’expérience que vous aurez acquise.

—  Parfaitement.

—  Occupons-nous aujourd’hui de la première question. La seconde viendra plus tard. Voyons, que comptiez-vous trouver en arrivant ici ?

—  Là-bas, dans l’Inde, répondit Napal, nous tournons constamment nos regards vers la vieille Europe. Elle nous apparaît comme une contrée lumineuse dont les institutions doivent s’étendre sur le monde et l’éclairer. Pénétré de cette croyance, convaincu du bien-être dont jouissent vos compatriotes, j’ai entrepris mon voyage dans l’espoir de trouver ici la formule du bonheur.

—  Mais c’est absurde ! s‘écria Geirard, du ton que prend le professeur quand un élève au tableau commet une faute de calcul. Comment, voilà des milliers d’années que l’humanité s’agite, se tourmente, se surmène sur le globe terrestre, que nous la voyons toujours éprouvée, jamais heureuse, et vous avez espéré qu’en cinq ou six siècles, c’est-à-dire en moins que rien, elle serait arrivée à découvrit ce secret formidable. Ah ! ça, mon cher ami, en quoi faites-vous consister le bonheur d’un peuple ? Voulez-vous me l’apprendre ?

—  Je pense, d’accord avec les opinions admises, qu’il résulte de la manière dont il est guidé, dont ses désirs sont satisfaits, en un mot de la perfection de la constitution sociale sous laquelle il vit.

—  En vérité, c’est désolant, désolant, répartit Geirard. Vous avez donc conservé dans l’Inde toutes les vieilles idées dans lesquelles se complaisaient nos aïeux du dix-neuvième siècle. Prenez un goutteux, un hypocondriaque, un malade quelconque enfin, lui donnerez-vous la félicité parfaite en vous bornant à perfectionner les institutions de son pays ? Le bonheur est chose compliquée qu’on ne peut définir en quelques mots ; nous en reparlerons plus tard. Pour le moment, pénétrez-vous bien de ceci, qu’il réside surtout en nous-mêmes ; que le bonheur des peuples ne viendra que progressivement, au fur et à mesure que se perfectionnera l’état moral et intellectuel de l’humanité. Or, celle-ci est encore à son aurore et vous voudriez qu’elle ait déjà touché l’idéal. Ouvrez les yeux, contemplez la lenteur stupéfiante de l’évolution humaine, et vous comprendrez la vérité de mes paroles. Nos premiers ancêtres ont mis des centaines de siècles à conquérir les plus simples rudiments de l’intelligence. La Terre a tourné des milliers d’années sur son orbe, les couches géologiques se sont superposées, la flore et la faune se sont entièrement modifiées, pendant le seul temps occupé par l’homme à passer de l’époque de la pierre taillée à celle de la pierre polie. Et de cette dernière à l’âge où il s’est enfin rendu maître des forces primitives de la nature. Il a fallu que des peuples entiers disparaissent, que les races se renouvellent bien des fois, avant de parvenir à l’état où nous sommes aujourd’hui, et si nos remontons seulement de sept ou huit mille ans dans l’histoire, nous voyons que les civilisations, créées d’abord par les Égyptiens et par les Chaldéens, sont passées des rives de l’Euphrate et des bords du Nil au pays des Hellènes et à la nation Perse. Celle-ci les a léguées aux Hindous, tandis que les Grecs les transmettaient aux Romains, et les Romains aux peuples modernes, et nous voilà à peine plus civilisés que les Athéniens qui frémissaient au pied de l’agora sous le souffle de l’éloquence de Démosthène. Telle est l’évolution intellectuelle : l’évolution morale est plus lente encore. Compulsez les légendes égyptiennes, méditez les textes des grands prophètes, relisez les tragédies d’Eschyle et de Sophocle, les drames de Shakespeare, ceux du grand poète moderne Paul Socins [1], lisez toutes les œuvres où sont dépeintes les passions humaines, et voyez si toutes ne se ressemblent pas, malgré la distance des époques où ces puissants génies les ont conçues. Rappelez-vous encore les bouleversements incessants, les luttes formidables enregistrées par les historiens, les efforts inouïs tentés par les hommes pour arriver à la conquête de cet idéal que vous espérez rencontrer ici. Et vous comprendrez avec moi qu’il faudrait un miracle pour que l’humanité ait trouvé, en quatre ou cinq cents années, ce bonheur après lequel elle court vainement depuis plus de cent mille ans.

Malgré l’élévation du sujet qu’il traitait, Geirard parlait posément, sans animation, avec l’autorité de l’orateur qui développe une thèse qu’il sait vraie, Napal fut convaincu d’autant plus vite que ces questions lui étaient familières.

—  Vous m’ouvrez les yeux, dit-il. Je doute d’autant moins de vos paroles que j’ai pu les vérifier depuis que je séjourne ici. Je me suis promptement rendu compte du mécontentement général, et j’ai rencontré peu d’Européens qui soient satisfaits de leur situation. C’est pourquoi. je comprends maintenant l’inanité du but que je poursuis, et la puérilité de mes efforts.

—  Prenez garde de tomber dans l’excès opposé, reprit Geirard. Une entreprise n’est pas insurmontable parce qu’elle est difficile. Tracez la route de la vôtre, et contentez-vous de poser les premiers jalons. Vos successeurs la reprendront après vous, ce sera votre gloire, elle doit vous suffire. Le progrès est lent, mais si lent qu’il soit, il marche sans jamais s’arrêter. Il ressemble aux vagues de l’Océan qui montent insensiblement à l’heure de la marée. La première se voit au loin, grandit, devient énorme, s’élance sur la falaise et paraît devoir tout submerger. Puis elle s’allonge, se réduit, déferle sur la plage et se retire sans effet apparent. Une deuxième, puis une troisième lui succèdent, le même phénomène se reproduit, et le spectateur cherche l’utilité ou le résultat de ce travail incessant, toujours défait, toujours renouvelé. Cependant, au bout de deux heures, l’Océan a monté, ses eaux couvrent les sables du rivage. Ainsi font les événements qui poussent le progrès en avant. L’homme primitif, en face des difficultés que lui opposait la nature, végétait misérablement. Il ne connaissait ni les métaux, ni l’agriculture, ni l’art de rendre les animaux domestiques.

« C’est cependant de cet être barbare que sont sortis, par de lentes transformations, les peuples policés. En se constituant d’abord en sociétés, la créature humaine s’est assuré les premières défenses. Puis elle à su se préserver des pestes qui décimaient les populations du moyen âge. Mais les terribles épidémies, telles que la phtisie ou le choléra, sévissent encore chez les nations modernes. Seule l’Europe du vingt-cinquième siècle a vaincu ces fléaux en se créant des institutions nouvelles. Nous sommes donc en avance sur les autres, c’est indéniable. Cela prouve seulement que nous avons franchi une étape de plus sur la route commune ; qu’en la dépassant nous avons acquis, sinon la certitude, au moins l’espérance d’apercevoir le bonheur ou l’idéal rêvé. Mais qu’il se trouve encore si loin, qu’on l’aperçoit à peine en perspective au bout de l’horizon. Nous laisserons cette espérance à nos descendants.

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[1Paul Socins, poète épique, né à Vpr.d.3, mort le 1er mars 2390. (Note de Napal)