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Charles Kymrell : Le monde du XXVe siècle (15e partie)

vendredi 5 septembre 2025, par Denis Blaizot

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Enfin l’employé qui avait reçu Napal à son entrée, un petit-sec, nerveux, remuant mais d’une physionomie aimable, fine et intelligente qui répondait au nom de Darnais, rompit le silence.

—  Permettez-moi de vous complimenter, mon cher collègue, dit-il à Napal, nos examens sont difficiles aux étrangers, vous avez nécessairement fait preuve d’un grand savoir pour être admis chez nous.

Une jeune femme blonde, jolie, charmante, assise devant une table en face de Napal eut un petit sourire d’acquiescement. Une autre, un peu plus loin, sèche, d’un âge mûr, très coquette, affirma en disant :

—  C’est la vérité ; nos examens sont très ardus et nos examinateurs si pointilleux qu’on est en droit de vous féliciter, monsieur, de votre réussite.

Napal s’inclina en homme bien élevé. Les dames chuchotèrent. Elles convenaient entre elles que le jeune homme leur paraissait aussi distingué qu’il était beau garçon :

—  Quel est votre pays ? demanda Darnais.

—  L’Inde, répondit Napal.

—  La contrée des éléphants, des tigres et des avaleurs se sabres ! s’écria un de ses voisins, placé en arrière de son bureau, un gros homme à l’air prétentieux, qui avait la manie de faire de l’esprit, ou d’étaler son érudition, à propos de tout et de rien.

Napal répondit en souriant :

—  Nous faisons notre possible pour conserver nos éléphants, monsieur. Depuis longtemps, les avaleurs de sabres ont, je crois émigré en Chine. Quant aux tigres, je n’en connais plus qu’une seule espèce : les tigres à deux pieds qu’on appelle les hommes, et je vous assure qu’ils sont tout aussi méchants et plus cruels, peut-être, que les autres, du moins dans mon pays.

—  Alors, je plains votre pays, monsieur Indien, dit un troisième employé, ni grand ni petit, ni gras ni maigre, ni beau ni laid, qui se regardait avec complaisance dans un miroir. Si j’en crois mes études personnelles, vous êtes encore dans un état de véritable barbarie, dans cet état arriéré où vivaient nos ancêtres il y a quatre ou cinq siècles, alors que la science commençait seulement ses premières découvertes.

—  C’est un peu la vérité, monsieur, répondit Napal.

Un murmure de compassion parcourut la salle. Les hommes ricanèrent, les dames se donnèrent un petit air de commisération qui voulait dire : Encore barbare c’est vraiment dommage ; c’est à nous, heureusement, qu’il appartient de le civiliser.

Napal se sentit légèrement humilié dans son amour-propre national.

—  Je comprends votre pitié, messieurs, dit-il. Cependant, si l’Europe le voulait, elle nous sortirait de cet état barbare, en nous permettant de profiter de ses coutumes et de sa civilisation.

—  L’Europe ne demanderait certes pas mieux, mon cher collègue, répondit Darnais, sans une chose capitale à laquelle vous ne songez pas.

—  Capitale et primordiale, ajouta l’homme au miroir.

—  Quelle est cette chose, je vous prie ? demanda Napal surpris.

—  Le Jaune !

—  Le Jaune ? s’écria le jeune Indien.

—  Sans doute, mon cher collègue. Le Jaune, l’accapareur, le profiteur, le Chinois en un mot, qui nous observe, qui guette nos découvertes, nos procédés, pour les retourner contre nous le jour où il saura s’en servir.

—  Tu crois cela, toi ? prononça l’érudit prétentieux.

—  Certainement, je le crois, repartit Darnais, parce que ces damnés Chinois forment une réunion d’un demi-milliard d’individus effroyablement prolifiques, qui débordent sur le monde et l’enveloppent de toutes parts.

—  La race jaune est, en effet, très prolifique, observa la dame mûre.

Napal sourit. Plusieurs de ces dames murmurèrent : Il a de l’esprit !

—  Allons donc ! protesta le gros érudit. Balivernes que tout cela ; phrases creuses et sonores ! Quand les Chinois seraient un milliard, est-ce que nous ne sommes pas de force à les exterminer quand Ils nous montreront les dents ? Toutes ces précautions, prises contre eux, ne sont qu’un prétexte imaginé par ces messieurs du Conseil Suprême pour nous faire croire à leur importance.

Un coup de timbre retentit. Il y eut un nouveau silence, troublé seulement par le bruit des appareils. Les hommes se regardèrent surpris, les femmes se remirent au travail avec ardeur.

—  J’y suis, dit Darnais à Napal après quelques secondes de réflexion. Notre chef de bureau vous informe qu’il recevra votre visite dès que votre travail sera terminé.

—  Je vous remercie, répondit Napal.

—  Je vous préviens que vous rencontrerez en lui une de ces nullités comme on en coudoie rarement dans son existence, affirma l’homme au miroir.

—  C’est absolument mon avis, ajouta l’érudit. Figurez-vous qu’hier il me donne un livre à expédier. Je lui fais remarquer que le compteur ne fonctionnait pas. Savez-vous ce qu’il m’a répondu : « Ayez de l’initiative ! » N’est-ce pas grotesque ?

On se mit à rire. Le gros homme se rengorgea.

—  Quoi qu’il en soit, c’est le dispensateur des notes, celui qui vous donnera les vôtres, reprit Darnais en s’adressant à Napal. Faites-en votre profit.

—  Je vous suis reconnaissant de cet avis, répondit le jeune Indien.

Puis, se rappelant les renseignements donnés par le capitaine Firouze, et désireux de savoir jusqu’à quel point Ils étaient justes :

—  Quels sont, demanda-t-il, mes droits, mes devoirs et mes espérances, dans ce pays ?

—  Vous serez d’abord habillé, logé, nourri, répondit Darnais en se rapprochant de lui. Vous aurez une série de costumes appropriés à vos travaux. Quant à la nourriture, vous l’apprécierez vous-même. Enfin votre appartement sera un endroit confortable où vous serez chez vous. Tout en conservant une certaine latitude dans le choix de ces nécessités premières, vous ne pourrez jamais rien exiger qui soit au-dessus de votre position. Vous trouverez vos distractions quotidiennes, indépendamment de celles des jours de repos, dans les bibliothèques, les salles de musique, où vous serez mis en communication avec les meilleurs concerts qui se donnent dans la ville. Vous jouirez de la faculté de vous promener, le soir, dans les Longs-Jardins ou promenades au-dessus de la ville, dans les jardins d’hiver, etc. Ici même vous trouverez quelques avantages immédiats. Ainsi cette fontaine, continua Darnais en indiquant le monument sculpté du centre, renferme des boissons agréables, qui, par cette chaleur, ne sont pas à dédaigner.

Les explications fournies par Firouze se confirmaient. Napal en fut enchanté.

—  Tout cela est parfait, dit-il.

—  Peuh ! ft Darnais. On s’en fatigue vite. Cependant nous n’avons pas trop à nous plaindre ; ce bâtiment est privilégié, comme le sont toutes les grandes exploitations. Et l’industrie de la F. D. alimentaire, où vous êtes en ce moment, est une des plus importantes entre toutes. Savez-vous qu’on nourrit, chaque jour, plusieurs millions de personnes en donnant des repas variés et agréables ? Aussi, bénéficions-nous d’habiter une des plus grandes villes de l’Europe. Notre salle de communication est une merveille de confortable et d’élégance. Elle est installée de façon à permettre non seulement d’entendre la personne avec laquelle on désire communiquer, mais encore de la voir comme si elle était près de vous, quelle que soit la distance qui vous en sépare.

—  J’en suis très heureux, dit Napal qui pensait à Papillon.

—  En échange, reprit Darnais, vous avez des devoirs à remplir.

—  Je les connais, répondit Napal, qui n’avait pas oublié les paroles de Firouze.

—  Je n’insiste donc pas, repartit Darnais. Mais ce qu’il est de votre intérêt de savoir, c’est que l’avancement est en raison directe de la perfection du travail accompli. Ainsi, vous pourrez être désigné pour une fonction supérieure dans un mois.

—  Ah ! fit Napal ravi.

—  Ou dans trente ans, suivant la capacité qu’on vous reconnaîtra.

Ces trente ans refroidirent un peu l’enthousiasme de Napal. Mais, reprenant courage au souvenir des paroles du vieil Hassir :

—  Tout cela me semble équitable, observa-t-il, puisque les fonctions sont distribuées suivant les aptitudes de chacun.

—  plaît-il ? demanda Darnais.

—  C’est-à-dire, continua Napal, qu’ici c’est à chacun suivant son mérite et ses capacités.

Cette phrase produisit un effet prodigieux. À peine fut-elle prononcée qu’il y eut une explosion de rires dans tout le bureau. Les C’est impayable ! Non, il est trop drôle ! On n’est pas naïf à ce point ! et autres exclamations aussi pittoresques s’entrecroisèrent pendant quelques minutes. Le gros érudit faillit tomber en se renversant dans son fauteuil. Le fat pensa casser son miroir. Darnais lui-même étouffait sans pouvoir se contenir.

—  Il est vraiment d’une innocence adorable, s’écria la dame mûre, tandis que la jeune femme blonde souriait d’un petit air de supériorité bienveillante qui lui donna l’occasion de montrer les plus jolies dents du monde.

—  Messieurs, dit Napal riant aussi de sa déconvenue, je suis heureux de vous avoir procuré l’occasion de déployer votre joyeuse humeur, mais pardonnez à mon ignorance. Je ne croyais pas avoir prononcé une phrase qui pût exciter à ce point votre hilarité.

—  C’est plutôt à nous de nous excuser, mon cher collègue, reprit Darnais. Cependant, permettez-moi de vous avouer que votre maxime est un peu... naïve.

—  Cette maxime n’est-elle pas celle que les fondateurs de vos États ont instituée comme base de leurs principes, et votre régime, si je ne me trompe, ne repose-t-il pas tout entier sur elle ?

—  Théorie, et rien de plus. Elle me rappelle ces mots qu’une ancienne République, qui n’était démocratique que de nom, faisait inscrire autrefois sur les monuments publics : Liberté, Égalité, Fraternité. Cela ne nuit pas, au contraire, mais c’est une véritable plaisanterie. Un immortel principe ! comme aimaient à le répéter les auteurs de la sanglante révolution de 1789, en France. Immortel parce qu’il reste toujours à l’état de principe, sans être jamais mis en pratique.

—  Vous m’en voyez surpris, répondit Napal. Alors, comment les fonctions se distribuent-elles ?

—  Vous savez que l’État élève les enfants. Dès la première jeunesse, chacun est examiné, puis instruit en prévision de ses capacités, ensuite dirigé suivant le métier auquel il paraît le plus apte, en tenant compte de sa vocation. Plus tard, la situation individuelle grandit suivant la nature du travail et des découvertes reconnues utiles. C’est ce que nos fondateurs ont espéré réaliser.

—  Eh bien, observa Napal, je n’ai pas dit autre chose, ce me semble.

—  D’accord, reprit Darnais en souriant. Malheureusement, tout cela n’est que théorie, je le répète.

—  L’austère et trompeuse théorie ! ajouta l’érudit prétentieux.

—  Or, il y a loin, continua Dornais, de la théorie à la pratique. D’abord, les examens que subit l’adolescent sont, comme tous les examens, trop sommaires pour permettre d’apprécier justement l’examiné. Ensuite le père, les parents – notez bien ceci, quoique vous puissiez croire le contraire parce que vous êtes en Europe les parents ne perdent jamais leurs droits, usent de leur influence en faveur de leurs enfants, et les appuient du poids de leur situation acquise. Croyez-le bien, ici comme partout, aujourd’hui comme autrefois, et peut-être en sera-t-il ainsi pendant bien des siècles encore, ce qui décide surtout de la destinée des individus, ce sont les grands mobiles qu’on appelle le hasard, l’intrigue et la faveur. Ces trois mots s’élaborent dans les laboratoires de nos chefs suprêmes, sans qu’il soit possible, le plus souvent, d’analyser la nature des influences qui les ont mis en jeu. Bien entendu on se garde avec soin de commettre de grossières bévues, comme de faire remplir les fonctions d’ingénieur à celui qui n’a que l’intelligence d’un terrassier. Mais, à part cela, l’intrigue et la faveur gardent leurs droits. On se contente de sauver à peu près les apparences, de telle Sorte que la maxime paraît satisfaite. Votre chef dé bureau, Warner, est un exemple d’une situation obtenue par le hasard.

Napal fut désappointé. Jusque-là il avait toujours admiré. On soufflait sur son enthousiasme. Et cela l’affligeait.

—  Reste-on indéfiniment dans la même situation ? demanda-t-il encore.

—  Certes non ! Vous comprenez bien qu’on montre à chacun de nous un appât, sans lequel on se désintéresserait par trop de son travail. On avance dans la vieillesse, un peu quelquefois dans l’âge mûr. Le moyen est simple, vous le connaissez sans doute. Vous voulez faire marcher un cheval, vous lui tendez une botte de foin, il allonge la tête, vous reculez, il avance, et vous le conduisez où vous le voulez. Là, vous lui donnez la botte de foin, ou vous la gardez pour une autre occasion. Voilà !

Ceci dit, Darnais se remit à sa besogne et Napal reprit la sienne. Son travail consistait en des opérations de quantités fournies par des machines à calculer. Il ignorait quel en était le but, mais elles se trouvaient indiquées sur les appareils.

Grâce à ses aptitudes mathématiques, il les résolvait facilement. Il s’aperçut même, au bout d’un certain temps, qu’il était possible de simplifier les combinaisons, et, à l’aide d’une formule qu’il trouva il abrégea sa tâche de plus d’une heure.

En ce moment, son appareil d’appel résonna. Le chef de bureau le mandait auprès de lui.

Il le trouva dans un grand cabinet isolé, muni d’un nombre considérable d’instruments soigneusement rangés.

Ce Warner était un personnage épais de tournure, d’un blond fadé et d’une physionomie insignifiante. Il s’avança vers Napal d’un air majestueux, compassé, de même qu’un homme à qui les grandes difficultés soit familières, Il tendit la main au jeune homme en disant :

—  Vous êtes monsieur Napal ?

—  Oui, monsieur.

—  Je vois à votre costume que vous n’avez pas encore revêtu nos vêtements européens.

—  Arrivé cette après-midi seulement, je n’ai pas pris le temps de le faire. J’ai pensé qu’il était plus urgent de me mettre d’abord au courant de mon travail.

—  Je vous en félicite, Je m’intéresse beaucoup aux étrangers, surtout aux Indiens, à qui nous sommes sympathiques. L’Inde est certes une belle contrée, mais l’Europe est plus belle encore, j’imagine.

—  Je n’en doute pas, monsieur, répondit poliment Napal.

—  Vous le verrez. Arrivons maintenant à votre besogne. Avez-vous commencé ? demanda-t-il avec un sourire qui signifiait : Avez-vous pu comprendre sans mon aide ?

—  J’ai commencé sans difficulté,dit Napal.

—  Allons, tant mieux. Du reste votre besogne est facile quand je la compare à la mienne. Ici, jeune homme, j’endosse une responsabilité qui effraierait tout autre que moi, Les complications du service qui m’incombe sont incessantes. Si je m’absentais, qu’arriverait-il ? Je n’ose y penser. Songez que je prévois tout, oui, tout ! ajouta ce vaillant chef en passant sa main sur le front qui renfermait un cerveau capable d’une telle prévoyance.

—  Je vous comprends, monsieur, repartit Napal, s’empressant de cacher sous cette réponse une légère ironie qu’il n’avait pu dissimuler.

—  Mais revenons à vous. Vous avez commencé votre travail, c’est très bien. Êtes-vous sûr d’en avoir saisi toutes les finesses ?

Napal lui expliqua la simplification qu’il avait trouvée. Le chef fronça le sourcil, réfléchit un instant et prit un air ennuyé. Le vaste front n’avait pas compris.

—  À quoi bon cette modification ? Dit-il. Est-ce pour vous créer des embarras inutiles ?

Ensuite, prenant le ton d’un profond politique, il ajouta :

—  Vous manquez d’expérience. Bornez-vous à comprendre les choses, sans chercher à faire ce que l’on ne vous demande pas. Soyez habile, jeune homme, soyez habile. Vous êtes étranger, ma protection ne vous fera pas défaut.

Sur cette phrase, Warner, content de l’effet qu’il pensait avoir produit, congédia Napal en lui disant :

—  À demain, jeune homme, à demain.

—  Napal sortit rêveur, cherchant pourquoi un homme aussi nul se trouvait occuper une haute position dans l’administration des États-Collectifs.

—  Incompréhensible, se disait-il, incompréhensible pour mon intelligence.

Puis, quittant le bâtiment du travail, il prit le chemin qui conduisait à son nouveau logement, se promettant de consigner soigneusement les observations qu’il avait faites pendant les trois journées qu’il venait de passer en Europe.

Tandis que notre héros, absorbé par ses pensées, gagnait son domicile, ses ennemis continuaient à ourdir la trame de leurs intrigues dans l’Inde.

XXV – L’intrigue dans l’Inde

Un matin, quelque temps après le départ de Napal, Afsoul était dans son cabinet, assis devant une table chargée de papiers.

C’est encore l’homme que nous connaissons. Ses yeux ternes paraissent sans expression. Sa figure reste toujours impassible. Aucune émotion ne se reflète sur son visage. En face de lui, son secrétaire Phingar compulse des dossiers.

—  Ainsi, dit Afsoul, vous avez maintenant des renseignements sur ce Napal ?

—  Nous savons ce qu’il est devenu, répondit Phingar.

—  Très bien !

Phingar, qui ne perdait jamais son maître de vue, crut entrevoir un éclair de satisfaction dans son regard fuyant.

—  Le chose n’a pas été facile, reprit le secrétaire, il nous a fallu déployer une grande habileté pour retrouver ses traces. On ne savait rien chez lui. Personne ne voulait parler au journal l’Impartial et son départ avait été si précipité qu’il était difficile de se renseigner. J’étais pressé, vous me rappeliez à Delhi.

—  Alors ?

—  Alors, une circonstance nous a mis sur la voie. Les agents avaient remarqué une voiture filant dans les rues avec une vitesse inusitée, le jour qui coïncidait avec la disparition de Napal. Je m’informe, je retrouve le mécanicien de cette voiture, il me conduit sur la jetée de l’ouest. Là, je vois un matelot qui avait embarqué deux hommes dont le signalement correspondait à celui de Napal et de son compagnon, et j’apprends qu’il est parti, il y a dix jours environ, à bord du bateau d’un certain capitaine Firouze, pour se rendre en Europe.

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